‹ Morceaux choisis des grands écrivains français du XIVe siècleChapitre 32 sur 231 · VERBE · texte numérisé non relu

VERBE

Section I. Conjugaison,

§ 65. Conformément à Tétymologie, nos verbes n'avaient pas de s à la première personne du singulier, parce que cette personne n'avait jamais de s en latin ; on disait à l'origine de la langue y aime (amo), je croi (credo), jeren (reddo). Plus tard, on assimila la4)remière personne à la seconde (dont s était la lettre caractéristique) et on eut je crois^ je lis^ etc.; mais le seizième siècle respectait dans bien des cas la règle de l'ancien français et disait encore :

Tappren (Rons. 47), pren (Rons. 21), préten (CsJv. 116), croy (Régn. 103), doy (Pass. 79), dy (Rons. 45), envoioy (Marot, 12), escry (Régn. 103), oy (Desp. 87), reçoy (Jod. 70 ) , sen (Régn. 103), tien (Jod. 70), vay (Régn. 104), voy (Pass. 79), vy (Marot, 14; Rons. 36).

§ 66. A l'origine de notre langue, le français distinguait les voyelles latines brèves, quand elles sont accentuées (comme ^par exemple dans vënio, tëneo)y — des mêmes voyelles quand elles sont inaccentuées (comme ê dans vënire tënére)^ — par le procédé suivant : il transformait ordinairement la voyelle accentuée en une diphthongue [e latin par exemple devenait ie), d'où : je

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