XLVIII INTRODUCTION
Séréner pour rasséréner :
Serénex votre visage^ usez de Tesprit et du courage que Dieu vous a donné.
AcB. 237.
Sonner pour résonner :
Nous avons faict ouïr au tombeau nos prières^ Faict sonner aux tombeaux le nom de Dieu le fort.
Adb. 93.
Tenir pour retenir :
Il contemple le cours des bruyantes rivières;
Ce qui lui fait alors un tel désir venir
De sommeiller un peu^ qu'il ne 8*en peut tenir,
Vauq. 76.
Tirer pour retirer :
Dieu paroist : le nuage entre luy et nos yeux' S'est tiré à Tescart^ il s'est armé de feux.
AuB. 91.
Aquoy faire y reculez-vous, si vous ne pouvez tirer arrieret
Mont. 208.
Tourner pour retourner :
A la fin tout peosif, de toutes parts cherchant Lequel il coupera, tourne le fer trenchant Sur le pied d'un ormeau et par terre le rue.
Roifs. 40.
Mais, lasl mon sort est bien tourné, Mon âge en un rien s'est borné.
RéoN. 106.
Trousser pour retrousser :
Devant eux marchoyent trois moynetons et novices, leurs robes troussées.
Mén. 241.
Les jeunes escoliers, prostrés et moynes avoient sur le troussis de leurs chapeaux chacun une croix blanche.
Je veux qu'amour d'un petit brin Ou de lin, ou de cbeneviere, Trousse au flanc sa robe légère.
Et my-nud me verse du vin.
Catbt, 179»
GHAMMAIRE DE LA LANGUE DU XVi« SIÈGLli. XLIX Vêtir pour revêtir :
dieux que yeritable est la philosophie^
Qui dit que toute chose à la fin périra,
Et qu*en changeant de forme une autre vesiitaf
RoNS. 40.
S 85. Le préfixe sup (lat. sub) manque dans poseï' nour supposer :
Je vous en croy si je vous ay mesfaict.
Encor, posé le cas que l'eusse faict,
Au pis aller n*escherroit qu'une amende.
Marot, 12.
Porter pour supporter :
Anne de Limur, sa belle-mère (d'Agrippa d'Aub.), porioit impatiemment et la despence et la nourriture qu'on y employoit.
AUB. 234.
§ 86. On trouve de même passer pour surpasser, pendu pour si/s pendu :
Il hait son nom ; il veut, voluptueux, Pauer les grands en hid)its somptueux.
Vauq. 74.
Incontinent que bon luy semble (à Dieu) rendre à l'air sa sérénité toute paisible, soustenir tellement la mer pendue en l'air qu'elle ne puisse faire nuisance à la terre.
Calv. 114.
Section El, Emploi des Verbes.
S 87. Un grand nombre de verbes, soit actifs, soit neutres, employés aujourd'hui sous la forme pronominale, existaient encore au seizième siècle à l'état simple; on disait, par exemple, affaiblir pour s'affaiblir :
Les prières de ces honnestes femmes me tirèrent de l'extrémité et langueur où j'estois, j'entends du corps : car quant à l'esprit et entendement, je ne le sentis jamais affaiblir
MONfL. 151.
ÉCRlYAn^S DD XVI* SIÊCL*- d