‹ Morceaux choisis des grands écrivains français du XIVe siècleChapitre 41 sur 231 · L INTRODUCTION · texte numérisé non relu

L INTRODUCTION

Nous congédions, menaçons, prions, deffions, despittons, festoyons^ complai gnons, desconfortons, estonnons, escrions,,,.

Mont. 222.

De même escrimer pour s'escrimer :

A coup de patte il escrimoit,

Bellat, 55.

Je cherche compagnie ou je joue à la prilne.

Je voltige ou je sav\te, ou je lutte ou yescrime.

Faire voir pour se faire voir :

Alors s'avançoit et faisoit voir monsieur le lieutenant, et devant luy deux massiers fourrez d'hermine.

MâN. 242.

.Fov/rvoyer pour se fourvoyer :

Trop pleine de ce dieu, la brigade chancelle, Ffyarvouant, çà et là, de piez et de cervelle.

BELLEA.U, 57.

Le ehemin.de la mort est un chemin tout droit. Si certain à tenir que ceux qui ne voyent goutte Sans fourvoyer d'un pas n'en iaillent point la route.

RoNS. 42.

Mêler pour se mêler :

Celles qui n'ont point de voix ne laissent pas d'avoir pratique et communication mutuelle.... et nous mesUyns à cette cause sottement d'en opiner.

Mont. 219.

Montrer pour se montrer :

Je. vous pry que, si je meurs, vous et le conseiller de Nort vous monstrie» amis de ma femme.

MONIL. 142.

Repaître pour se repaître :

Arbres de Jupiter, germes Dodonéens,

Qui premiers aux humains donnastes à repaistre.

RoNS. 40.

Reposer pour se reposer :

N'est ce mieulx que des maintenant nous reposons, sans nous mettre en ces hasars, car le voyaige est long et périlleux.

'Rab. 131.

GRAMMAIRE DE LA LANGQE DU XVP SIÈCLE. LI Renouveler pour se renouveler :

Comme on Toid tous les ans les feuilles s'en aller^ Au bois naistre et mourir, et puis renouveler : Ainsi le yieuïx langage et les vieulx mots périssent.

Vauq. 74.

Ruer pour se ruer •

L'une partie de Tostre armée ira ruer sus' ce Grandgousier et ses gens.

Rab. 129.

Passer pour se passer :

Et pource que toutes ces choses sont passées par devant moy, j'en puis parler sans mentir.

MoiVTL. 148.

Terminer pour se terminer :

C'est une lourde et longue maladie

De' trois bons mois, qui m'a toute estourdie

La povre teste, et ne veut terminer.

Marot, 14.

§ 88. A l'inverse, on donnait la forme pronominale à des verbes qui ne Tont plus aujourd'hui] on disait au seizième siècle <^Mn)' pour ^sourîjt •' ] ^

Alors Venus se sou^t.

Et en le baisant le prit, Puis sa main lui a soufflée Pour guarir sa plaie enflée.

En entrant mon chappeau à la main, je m# sousriois vers l'un et vers l'autre.

MONTL. 152.

§ 89. Au seizième siècle, un grand nombre de verbes, neutres aujourd'hui, étaient alors employés comme verbes actifs. On disait apprendre quelqu'un pour ap prepdre à quelqu'un :

— A quelle fin es-tu de ces ailes pourveue ?

— J^apprends l'homme à voiler au-dessus de la nue.

Vauq. 78.

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