‹ Morceaux choisis des grands écrivains français du XIVe siècleChapitre 45 sur 231 · LVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LVI INTRODUCTION

§ 103. De est plus fréquemment employé au sens de p or ; un chien laissé de son maître, une ville forcée de famine, etc.. :

.... Ma muse imparfaite eut en honneur la tienne : Et que si j*eu8 Tesprit dHgnorance abattu, Je l'eus au moins si bon que j'aimai ta vertu.

RÉON. 98.

Qui eust jamais pensé qu'un duc de Bretaigne deust estre ««« touffe de la presse.

Mont. 205.

Je soustins le siège neuf ou dix mois : et puis je capitulé forcé de famine,

MONTL. 149.

Le chien de XantippUs ne pouvant supporter le regret d'estre laitté de son maistre, se jetta dedans la mer après luy.

Amyot, 158.

Je ne suis pas poulsé de quelque hastiveté trop grande.

Calv. 117.

Ceux qui entreprennent d*une mesme leçon régenter plusieurs esprits de si diverses formes en rencontrent à peine deux ou trois qui rappor« , tent quelques fruicts.

Mont. 210.

D'autres parties égarées par le long cours des siècles ne se peuvent trouver d'aulcun.

Bellay, 183.

§ 104. On trouve de au sens de si*r, dans la locutioi faire appui des horrnnes^ pour s^ appuyer suih^ etc.. :

Qu'est-ce doncques de celuy Qui des hommes fait ap^puy?

Bkze, 68.

§ 105. Pov/r au sens de comme:

Sire^ nous souhaitons- que nostre service ce aujourd'huy soit rec« de vostre Majesté pour aggreable.

BÈZB^ 135.

Le comte d'Egmont escrivit une lettre au roy d'Espagne, le sup pliant tres-humblement d'avoir 'pour recommandée sa pauvre ot d» sciée femme.

Brant. 198.

GRAMMAIRE DE LA LANGUE DU XVI« SIÈCLE. LVn § 106. Pour au sens de par (obéir pown crainte) :

Ne voulans pas nous soubmettre au joug de servitude 'pour crainte de perdre des choses qui n'ont point d'ame ny de vie.

Amyot, 158.

S 107. Que remplace de avec Tinfinitif : être empêché qu'ii ne voie, pour être empêché de voir :

Toustefois nul n'est empesché par l'ignorance d'icelles qu'il ne voyê beaucoup d'artifice aux œuvres de Dieu.

Calv. 114.

§ 108. Sous est mis pour à :

Afin qu'ils ne puissent durer que soubs l'ombre du tyran.

BoÉT. 192.

§ 109. Sttô remplace d'ordinaire la forme moderno sur :

Une partie de vostre armée ira ruer nu ce Grandgousier.

Rab. 129.

S 110. A côté de cet emploi des prépositions, il faut noter diverses locutions formées à Taide du verbe être et disparues aujourd'hui.

§ 111. Être à dire est ordinairement employé pour tna/nquer :

Cet exemple est bien piein^ si une condition en estait à dir$, qui est la multitude d'amis.

Mont* 217*

S 112. Il n'est que de pour le tout est de:

Les pieds sauvent la personne. ^ U fCestque de bien courir.

Pass. 80.

S 113. Être pour a le sens d'être propre à, disposé k :

Mais pour ce que vous marchiez si lascbement que ce n' estait pas pour TOUS advancier fort.

Calv. 116.

LVni INTRODUCTION.

Sienne n'estoit pas pour résister contre Tartillerie.

MONTL. 149",

Us ne sont pour vous venir attaquer dans vostre fort.

MONTL. 148.

§ 114. Il n'est pas que pour ce n'est pas que :

n n^eit pas que n'ayons mis sous pieds des paroles, qui estoient de quelque honneur.

Pasq. 187.

§ 115. Pâlir pour feire pâlir, éclater pour faire éclater

Non pour un jeu nos cœurs furent liez, Non pour un or qui palUt le vulgaire.

Baïf, 64.

Les compagnons du bourlet esdatent leurs lamentations.

AUB. 236.

Qui le palais, de langue mise en vente, Fait esclater devant un président.

Et qui, piqué d'avarice suivante.

Franchit la mer de Tlnde à l'occident.

S 116. Faire sert d'ordinaire à remplacer un verbe qu'il faudrait répéter, et prend alors la signification de ce verbe. On retrouve encore ce gallicisme au dix-huitième siècle [Charles XII voulait braver les saisons corrnne il faisait ses ennemis. Voltaire) :

Tu regrettes ta femelle.

Hélas I aussi faû-je moi.

Pass. 79.

Us disent librement que leur expérience

A raffiné le^vers, fantastiques d'humeur,

Ainsi que les Gascons ont fait le point d'honneur.

Régn. 99.

Mes compaignons et amis, je ne porte pas tant de regret de mon malheur pour le mal que je souffre, que je fais pour voir les affaires du roy décousues.

MONTL. 145.

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