CHAPITRE II
DIPHTHONGDES.
AI
§ 148. L'ancien français disait ele de ala; plus tard, cet e est transformé en ai que le seizième siècle écrit tantôt comme nous par ai (aile), tantôt par oe, oe : aele (Belleau, 59), œlle (Belleau, 61), œr (Belleau, 57).
§ 149. Les mots en age^ agne se prononçaient, selon le témoignage du grammairien Palsgrave (1530), en aige, aigne : « Tous les mots qui dans l'écriture se terminent « en agCy doivent dans le discours faire entendre un i « entre Va et le g', comme si au lieu de a il y avait la « diphthongue ai. » (Palsgrave, Éclaircissement, p. 8.) Cette règle nous permet de comprendre la possibilité des rimes suivantes :
Tout ce qu'apporte la campagne.
Tout ce qu'apporte la montaigne,
Est de ton propre
Belleau, 61.
H se plaist aux chevaux^ aux chiens, à la campagne ; Facile au vice, il hait les vieux et les desdaigne.
RÉGN. 97.
iCAlVÀlNS DO XVI* SIÈCLE. /