‹ Morceaux choisis des grands écrivains français du XIVe siècleChapitre 72 sur 231 · XCIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XCIV INTRODUCTION

s'affaiblissant chaque jour, puisqu'on trouve dès le treizième siècle, dans Rutebœuf, dame rimant avec blasme (blâme), mettre rimant avec estre (être)*. La perte de cet s ne demeura pas sans compensation : elle détermina l'allongement de la voyelle précédente (que Torthographe moderne indique (depuis le dix-huitième siècle) par l'accent circonflexe [âne, bête) y mais qui était marqué jusqu'au dix-septième siècle par la simple persistance de s dans l'écriture; chacun savait au temps de Louis XIV, que s était muet dans asne, beste, etc., et en même temps que cette lettre indiquait que la voyelle précédente devait être prononcée longue. Ainsi s'explique l'orthographe du seizième siècle :

Adjouster (Mont., 204), afpusté (Bartas, 82), arreste (Rons., 39), asne (Mont., 204), basty (Marot, 15), beste (Marot, 8), bestial (Rons., 25), bien-tost (Cayet, 178), brasier (Gring., 4), cest (Charr., 227), ceste (Régn., 110), chasteaulx (Gring., 4), chesne (Cayet, 178), cisteme (Serres, 225), cognoist (Mont., 203), costés (Aub., 92), coustavx (Amyot, 164), cousté (Rab., 127), coustoyant (Rab., 129), desconfist (Rab., 129), descouvert (Gring., 5), desdaigne i^ab, y 128), desdisoit (Galv., llb)^ desfont (Aub., 89), desja (Rons., 22), deslie (Rons., 42),rfesmesler (Hosp., 154), deust (Mont., 205), esbas (Régn., 97),

1. On trouve, au seizième siècle, profane rimant avec <une, presche avec crèche, aisle avec belle :

Mais, RapiD, à leur goût si les vieux sont profanes, Si Virgile, le Tasse et Ronsard sont des asnes.

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