XCVI * INTRODUCTION
beaucoup de cas Vs muet comme un simple signé d'allongement^, on l'introduisit dans une foule de mots où sa présence n'était point justifiée par Tétymologie : on écrivit alors pasle (de pallidus) pour pâle^ gresle (de gracilis) pour grêlCy chaisne (de catena) pour chaîne^ vovsloir pour vouloir (du bas-latin volerej^ etc. C'est ainsi qu'on trouvera dans ce recueil : ai$le (Bèze, 67), beniste (Galv., 116), èiesme (Vauq., 78), èrans/e (Mont., 210), bransloitlfieïleaMj 58), brustal (Gring., k]^ chaisne (Rons., 42), chestifve (Mont., 212), coitsf eau (Marot, 10), deschaisne (Aub., 94), esgueille (Amyot, 171), eslite (Rab., 131), esmonde (Aub., 90), gauschi&re (Rab., 126), gresle (Bellay, 54; Rons., 32), jpaste (Montl., 148), pcusles (Aub., 92), tascher (Aub., 88), throsne (Aub., 91, 94), traistres (Aub., 90), trosne (Aub,, 236), voist (Bellay, 53), vousloir (Rons., 31).
§ 178. On trouve s pour c dans : sep (Rons., 41), simier (Belleau, 57), et à l'inverse s pour le c doux moderne dans ga/rson (Rons., 38), perse (Rons., 39), tan^ sons (Mont., 222).
§ 179. SS correspond à ijotre c doux dans : entrelasses (Amyot, 171), faisseaux (Gayet, 179), menasse (Mont., 206), menasse (Mont., 205), m,enassoit (Bellay, 51), nourrisse (Mont., 208).
§ 180. S final, aujourd'hui remplacé par a;, se retrouve dans : aus (Boét., 192), beaus (Boét., 188), chois (Aub. 234), jpris (Rab., 125), vois (Rons., 39),
1. Cette habitude est bl&mée par le grammairien Th. de Bèze (1583), qui constate que g muet a pour fonction de rendre la syllabe longue, ce qui est un abus (ajoute-t-il), car les lettres n'ont pas été inventées pour marquer la quantité {xdque non parvo abusu, quum literœ non sint inventas ut pronuntiiUionit quantitatem significentf Brza, Tractatus, p. 71.)
ORTHOGRAPHE, PRONONCIATION, ETC. XCVil
5 181. Le changement de c en ch (c/iercher de circare) n'a pas encore eu lieu dans cerche (Galv., 115), cercher (Galv., 114).
§ 182. Le ch latin a été reproduit dans cholere (Amyot, 167), chordes (Rab., \2b), escholes (Mont., 214). On retrouve dans capuchins (Satire Méiup., 241) la prononciation du c italien (capucino).
S 183. G doux répond à notre ss dans : blecea (Amyot, 166), face (Régn., 94, 129), facent (Mont., 209), et à s dur dans bource (Marot, 13), cerfouettes (Rab., 120), cye (Marot, 10), cyre (Rab., 129).
§ 184. G se redouble dans : mocque (Mont , 207), placquer (Mont., 211).
§ 185. Ct latin devint it à l'origine de la langue (fat7, trati, laz7, lai^e de fac^m, trac^um, làc^em, la(T!^ca) ; plus tard les latinistes, ignorant que le c latin était déjà représenté par i dans tous ces mots, le rétablirent presqpie partout, et oh, eut alors bienfaicts (Mont., 216), conduicte (Mont., 215), conjoinctes (Mont., 219), construictes (Gring., *4), destroict (Rab., 129), dict (Mont., 214), droict (Gelais, 16), édicts (Mén.,2k0)^ effect (Mont., 210), embonpoinct (Mornay, 231), empreincte (Bèze, 136), endroict (Mont., 216), esteincte (Bèze, 135), extraict (Rab., 124), faict (Mont., 204), fruict (Mont., 214), gect (Amyot, 160), gecter (Marot, 10), huict (Aub., 234), Auic^mrie (Mont ., 205) , ins^rwic^s (Rab. , 1 1 8) ,yec^er (Galv. , 116), joincte (Serres, 226), laid (Rons., 19), laicterie (Serres, 226), lict (Mont., 220), minuict (Aub., 236), nuict (Rons., 23), object (Mont., 204), parfaicte (Mont., 216), pa/f*faictement (Mont., 215), poicirine (Aub., 91), poinct
ÉCRIVAINS DU lYI* SIÈCLE. Q
^ XGVÎII INTRODUCTION.
(Mén., 2k\), poincte (Boét., \90), poincts (Bèze, 134), pourtraict (Bartas, 82), produict (Mont., 204), project (Mont., 20k), reduictes (Mornay, 231), rejectent (Galv., 116), sainct (Marot, 13), satisfaict (Mont., 213), toict (Mont., 205), traict (Mont., 204), traicta (Aub., 234), traictable (Bèze, 13l5), traictent (Mont., 222), mots dans lesquels le c était muet.
§ 186. Après avoir rétabli le c dans des mots qui l'avaient en latin, on l'introduisit faussement devant le t dans des cas où sa présence était contredite par l'étymologie. On trouve ainsi craincte (Aub. 92) pour crainte (craindre dérive de tremere).
§ 187. L'abus de l'orthographe étymologique amena les latinistes à commettre une erreur assez plaisante. Savoir (qui vient de sapere) était tiré par eux du verbe scire : pour conformer le mot à cette découverte étymologique, ils lui ajoutèrent un c et écrivirent sçachent (Baïf, 65), sçavant (Bartas, 83), sçavoir (Bons., 29), sceu (Henr., 244), sç'emt (Marot, 10), d'où par analogie ils écrivirent avec un c sceau pour seau (de sigillum), et cette orthographe a persisté. Cependant on trouve encore sellée i^nB Braxit. 198, et non scellée.
§ 188. On retrouve qu pour c dur : Pau commencement des mots dans quarquois (Amyot, 171), quarrees (Serres, 226), g'wesse(Pasq., 186), quoye[Ciàh,, 114), pour carquois, caisse, coi ; 2° au milieu des mots : dans branquar (Belleau, 58), esquadron (Boét., 190), esqua/rcelle (Bai)., 125), vesquimes (Mont., 221), vesquissent (Bèze, 138), pour vécûmes, vécussent; 3° à la fin des mots : dans donque (Bons., 39), tronq (Rons., 39). Ce q était muet, éomme on le voit par ces vers .