‹ Morceaux choisis des grands écrivains français du XIVe siècleChapitre 79 sur 231 · PIERRE GRINGOIRE · texte numérisé non relu

PIERRE GRINGOIRE

Des vents tresfroitz; et encor, sans remide Couchent souvent dessus la terre humide A descouvert; s'ilz ont aucun repos, N'est sans avoir le harnois sur le dos, Endurant fin, soif, chault, froit et la pouldrC| La pluye et neige, aussi, cruelle fouldre, Les membres matz et les corps engelez, Âucunesfoys pendus et flagellez Par gouverneurs ou par leurs capitaines, Ou lieutenants ; brief sur toutes les peines, Subjections qu'hommes sachent avoir, Impossible est si détestable en veoir Qu*est servitude aux gens d'armes qui suyvent Le train de guerre, et Tung à l'autre estrivcnt. Car aussi tost qu'à Parme on oyt sonner'^ Ou qu'on fait signe aulcun assault donner, On est contraint que soubdain on s'expose A souffrir mort; ou fault qu'on se dispose Tuer aultry, voire cruellement, Ou que l'on soit trosmiserablement.

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