CHANSON SPIRITUELLE
PENSÉES DE LA REINE DE NAVARRE, ÉTANT DANS SA LITIÈRE, 3)URANT LA MALADIE DU ROI.
Dieu, qui les vostres aimez, J'adresse à vous seul ma complainte; Vous, qui les amis estimez.
Voyez Tamour que j'ay sans feinte.
Où par votre loi suys contrainte.
Et par nature, et par raison.
J'appelle chaque Sainct et Saincte Pour se joindre à mon oraison.
Las I celuy que vous aimez tant Est détenu par maladie.
Qui rend son peuple^malcontcnt Et moi envers vous si hardie Que i'obtiendray, quoi que l'on die, Pour luy très-parfaite santé.
De vous seul ce bien je mendie Pour rendre chacun contenté.
Le désir du bien que j'attends Me donne de travail matière^* Une heure me dure cent ans, Et me semble que ma litière Ne bouge ou retourne en arrière, Tant j'ay de m'avancer désir !
! qu'elle est longue la carrière Où à la fin gist mon plaisir I