‹ Morceaux choisis des grands ʹecrivains franc̜ais du XVIe siècle: accompagnʹes d'une grammaire etChapitre 101 sur 212 · LA CIGALE · texte numérisé non relu

LA CIGALE

Ha, que nous t'estimons heurcuse, Gentille cigale amoureusel Car aussi tost que tu as bcu Dessus les arbrisseaux un peu De la rosee, aussi contente Qu'est une princesse puissante, Tu fais de ta douce tte voiz Tressaillir les monts oUes bovs.

h£my BELLEAO. 61

Tout ce qu'apporte lacampagne, Tout ce qu'apporte la montaigne, Est de ton propre; au laboureur Tu plais sur tout: car son labour N'offenses*,ny portes dommage N'a luy, ny a son labourage.

Tout homme estime ta bont6, Douce prophete de l'estll

La muse t'aime, et t'aime aussl Apollon, qui t'a fait ainsi Doucement chanter; la vieillesse, Comme nous, jamais ne te blesse.

sage, 6 fille terre-nee, Aime-chanson, passionn6e Qui ne fus oncVaffection, Franche de toute passion, Sans estre de sang ny de chair, Presque semblable h Jupiter.

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