‹ Morceaux choisis des grands ʹecrivains franc̜ais du XVIe siècle: accompagnʹes d'une grammaire etChapitre 102 sur 212 · AMOUR PIQU£ D'UNE MOUCHE A MIEL · texte numérisé non relu

AMOUR PIQU£ D'UNE MOUCHE A MIEL

Amour ne voyoit pas, enclose Entre les replis de la rose, Une mouche a mi el qui soudain En Tun de ses doigs le vint poindre ; Le mignon commence a se plaindre, Voyant enfler sa blanche main.

Aussitost a Venus la belle, Fuyant, il vole a tire d'oelle :

« Mere, dist-il, c'est fait de moy, C'en est fait, et faut qu'a ccste heurc, Navre jusques au coeur, je meure, Si secouru ne suis de toy.

« Navre" je suis, en ceste sorte, D'un petit serpenteau qui porte Deux ailerons dessus le dos, Aux champs une abeille on Tappollo :

Voyez doncmaplaye cruelle, las) il m'a pique jusqu'a Tos.

62 POfiSIE.

— Mignon (dist Venus) , si la pointe D'unemouche i zniel cette atteinte Droit au coeur (comme tu dis) fait, Combien sont navrez davantage Ceux qui sont espoints de ta rage, Et qui sont blessez de ton trait? »

ANTOINE DE BMP

(Voyez Notice, page 288)

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