‹ Morceaux choisis des grands ʹecrivains franc̜ais du XVIe siècle: accompagnʹes d'une grammaire etChapitre 106 sur 212 · CANTIQUE · texte numérisé non relu

CANTIQUE

Quoy que soit cost univers Tant spatieux et divers, II n'y a rien qui soit ferme, Rien n'y a qui n'ait sun term©.

Le grand soleil reluisant Va son flambeau conduisant Autant comme le jour dure :

Puis revient la nuict obscure, Couvrant de ses noires aisles Et laides choses et belles.

Les grans astres flamboyans Qa et la vont tournoyans, Peignans leurs divers visages Et de beau temps et d'orages.

Si deux jours on met ensemble L'un a l'autre ne ressemble :

L'un passe llgerement, L'autre dure longuement:

L'un est sur nous envyeux*, De la lumiere des cieulx ; L'un avec sa couleurbleue Nous veult esblouyr la veue ; L'un veult le monde brill er, L'autre essaye a le geler.

68 POJfiSIE.

Ore la terre fleurie Estend sa tapisserie:

Ores d'un vent la froydure Change en blancheur sa verdure.

Par quoy celuy quisefonde En rien que soit en ce monde, Soit en haut ou soit en has, Je dy que sage n'est pas.

Qu'est-ce doncques de celuy, Quides homines faitappuyf •

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