‹ Morceaux choisis des grands ʹecrivains franc̜ais du XVIe siècle: accompagnʹes d'une grammaire etChapitre 108 sur 212 · IMPRECATIONS DE DIDON · texte numérisé non relu

IMPRECATIONS DE DIDON

J'espere bien enfin (si les bons dieux, au moins, Ne peuvent fitrd ensemble et verigeiirs et temoins*) Qu'avec mille sanglots tu verras le supplice Que le juste destin garde a ton injustice.*.. Comme si de Megere on m'avoit fait la seeur* J'engraverai ton tort dans ton parjure cceur; Car quand tu m' auras fait croistre des morts le nombre, Partout, devant tes yeux se roidira mon ombre. Tu me tourmerites, mais, en l'eff rotable trouble* Oil sans fin tu seras, tu me rendras ad double Le loyer de mes maux. La peine est bien plus grande En un remords sans fin : telle je lademande; Et si les dieux du ciel ne m'en faisoyent raison, J'esmouvrois, j'esmouvrois l'infernale maison. , Mon deuil n'a point de fin. tJiie mort inhumaine Peut vaincre mon amour, non pas vaincre ma haine.

{Trage'die de Didon,)

ROBERT GARNIBR

(Voyw Notice, page 260)

LE CHANT DE UEXlL

Disons adieu, mes compagnes, A nos chetives campagnes, Oil le Jourdain doux-coulant Ya sur le sable ondelant.

Adieu terre plantureuse, Naguere si populeuse, Terre promise du ciel, Toute ondoyante de miel.

Adieu Siloe, fontaine Dont la douce eau se proment Dans le canal de Gedron Serpen tant a Penviron.

Adieu costeaux et vallees.

Adieu rives desolees, Adieu verdureux Hebron, Vieil territoire d'Efron, Et vous naguere Edifice, Le plus rare en artifice Et en ornements divers, Que fust temple en l'univert

r* po£sie.

CtSAR VICTOR! EUX.

brands dieux qui, sans mourir, livrez tout au trepas,

Qui, sans jamais changer, changez tout ici-bas,

Vous avez Sieve jusques au ciel qui tonne

La romaine grandeur, par l'effort de Bellonne,

Maistrisant les humains d'une horrible fierte,

Captivant l'univers, veuf de sa liberty !

Touefois aujourd'hui cette orgueilleuse Rome,

Sans bien, sans liberty, ploye au vouloir d'un homnie;

Son empire est a moi, sa vie est en mes mains ;

Je commande, monarque, au monde et aux Romains,

Je fais tout, je peuz tout, je lance ma parole,

Comme un foudre bruyant, de Tun a l'autre pdle,

Soit ou Ph6bus attelle au matin ses chevaux,

Oil la nuit les recoit, recrus de leurs travaux,

Ou les flammes du ciel bruslent les Garamantes*.

Oil souffle raquilon*scs froidures poign antes;

Tout reconnoist Cesar, tout fremit a sa voix,

El son com sculement 6pouvante les rois.

( Trage'die de Marc-Antoine.)

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