FRAGMENT
ds L'Art poitique frangait.
Jeunes, prenez courage et que ce mont terrible
Qui, du premier abord, vous semble inaccessible!
Ne vous estonne point. Jeunesse, il faut oser,
Qui veut au haut du mur son enseigne poser.
A baute voix desja, la Neuvaine cohorte
Vous gaigne, vous appelle et vous ouvre la porte,
Vous montre une guirlande, un verdoyant lien,
Dont ceint les doctes fronts le chantre Delien,
Et, par un cri de joye, anime vos courages
A vous ancrer au port en depit des orages :
Elle repand desja des paniers pleins d'ocillets,
Des roses, des boutons, rouges, blancs, vermeil) ct3,
Remplissant Pair de muse, de fleurettes menues,
Et d'un parfum suave enfante dans les nues :
Ges belles fleurs du ciel vos beaux cbefs toucheront,
Et sous vos pieds encor la terre emoucheront.
Dans le ciel obscurci de ces fleurs espandues,
Sont les divines voix des Muses entendues :
Voyez comme d'odeurs un nuage epaissi,
De manne, d'ambroisie, et de nectar aussi,
Fait pleuvoir dessus vous une odeur embaumle,
Qui d'un feu tout divin rend vostre ame enflamee.
[Ill* Livre.)