‹ Morceaux choisis des grands ʹecrivains franc̜ais du XVIe siècle: accompagnʹes d'une grammaire etChapitre 117 sur 212 · DU BARTAS · texte numérisé non relu

DU BARTAS

(Voyei Notice, page 261)

LE SEPTlfcME JOUR DE LA PREMIERE SEPMAINE.

Le peintre qui, tirant un divers paysage, A mis en oeuvre l'art, la nature et l'usage, Et qui, d'un las pinceau, sur son docte pourtraict A pour s'eterniser donne" le dernier trait :

Oublie ses travaux, rit d'aise en son courage, Et tient tousjours ses yeuz collez sur son ouvrage*

II regarde tantostpar un pre" sauteler Un aigneau, qui, lousjours muet, semble besler. II contemple tantost les arbres d'un bocage, Ore le ventre creux d'une grotte sauvage, Ore un petit sentier, ore un chemin batu, Ore un pin baise-nue, ore un chesne abatu.

Icy, par le pendant d'une rocbe couverte D'un tapis damass6, moitie de mousse verte, Moitie de verd lierre, un argente ruisseau A flots entrecoupez precipite son eau :

Et qui courant apres or' sus, or' sous la terre Humecte, divise, les quarreauz d'un parterre.

Icy, l'arquebusier, de derriere un buis vert, Aflust6, vise droit contre un chesne couvert De bisets passagers. Le rouet se desbande, L'amorce vole en haut d'une vistesse grande:

Un plomb environne" de fumee et de feu, Come un foudre esclatant, court par le bois touffu.

Icy, deux bergerots sur r£maill6 rivage ?qnt a qui mieux courra pour le pris d'une cage;

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