A MADAME DE LA ROCHE-GUYON
ame, je vous escris ce mot le jour de la veille d'une bataille. e en est en la main de Dieu qui en a desja ordonn6 ce qui en idvenir, et ce qu'il congnoist estre expedient pour sa gloire et e salut de mon peuple. Si je la perds, vous ne me verres jacar je ne suis pas homme qui fuye ou qui reculle. Bien vous \ asseurer que si j'y meurs, ma penultieme pensce sera a vous, derniere a. Dieu, auquel je vous recommande et moi aussis. Ce r aoust 1590, de la main de celuy qui baise les vostres et est serviteur.
rivay arsoir de Marans, ou j'estois alle* pour pourvoir a la guarde li. Ha 1 que je vous y souhaitay! c'est le lieu le plus selon vosmeur que j'aye jamais veu. Pour ce seul respect, suis-je apres banger. C'est une isle renfermee de marais bocageux, ou de as en cent pas il y a des canaux pour aller chercher le bois teau. L'eau claire, peu courante ; les canaux de toutes largeurs ; .teaux de toutes grandeurs. Par mi ces deserts mille jardins ou e va que par bateau. L'isle a deux lieues de tour; ainsi envie, passe une riviere par le pied du chasteau, au milieu du , qui est aussi logeable que Pau. Peu de maisons qui n'entre porte dans son petit bateau. Geste riviere s'estend en deux bras, irtent non-seulement grands bateaux, mais les navires de cine tonneaux y viennent. 11 n'y a que deux lieues jusqu'a la mer. . c'est un canal, non une riviere. Contre-mont vont les grands
bateaux jusqu'a Niort, ou il y a douze lieues ; infinis moulins et inquiries insulees; tantde sortes d'oiseaux qui ch an tent; de toute sorte de ceux de mer. Je vous en envoye des plumes. De poissons, c'est une monstruosite" que la quantity, la grandeur et le prix ; une grande tarpe trois sols, et cinq un brochet. (Test un lieu de grand trafic, et tout par bateaux. La terre tres-pleine de bles et tres-beaux. L'on y peut estre plaisamment en paix, et seurement en guerre. L'on s*y peut resjouir avec ce que Ton aime, et plaindre une absence. Hal qu'il y fait bon chanter! Je pars jeudy pour allcr a Pons, ou je seray plus pres de vous; mais je n'y feray gueres de sejour.... Ce xvir*juin (1586).