‹ Morceaux choisis des grands ʹecrivains franc̜ais du XVIe siècle: accompagnʹes d'une grammaire etChapitre 195 sur 212 · Lalanne, Diet, de Phist. de France · texte numérisé non relu

Lalanne, Diet, de Phist. de France

axemple qui fit faire bien des sonnets et des elegies a faux. » Apres la mort d'Henri HI il prit parti dans la Ligue, ee qui le fit maltraiter par les auteurs de la Satire Me'nippe'e, mais il se rapprocha ensuite d'Henri IV. Malherbe, qui faisait peu de cas de" Desportes, a ecrit en marge d'un ezemplaire de ses oeuvres un commenlaire critique pleia de verve et de bon sens ; il a 6te publie* pour la premiere fois en entier dans le IV" volume de l'ldition de Malherbe qui fait partie de la Collection des grands tcrivains de la France (Haehette, 4 vol. in-8«)».

Page 88, 1. 1. Aubign6 (Theodore-Agrlppa d'), ne* le 8 fevrier 1550 a Saint-Maury (Charente-Inferieure), mort a Geneve le 29 avril 1630 II avait pour pere Jean d'Albret, l'un des chefs de la conspiration d'Amboise, et ardent calviniste, mort en 1563. L' Education du jeune Agrippa fut tres-soignee, et s'il fallait en croire ses Mimoires, d'ailleurs assez peu vendiques, a six ans il lisait couramment le latin, le grec et l'h^breu. Apres avoir passe* deux ins a Geneve et Atre revenu en France, il s'lchappa de la maison de son tuteur (1568) et commenoa dans les guerres oiviles une vie d'aventures, d'intrigues et de coups de main qui allait a son caractere hasardeux pour lequel, suivant son expression, « rien n'ltait trop chaud. • Venu a Paris pour les «fetes du mariage du roi de Navarre, un duel qui l'obligea a en sortir trois jours avant la Saint-Barthllemy le sauva du massacre. II y revient bientdt, s'attache a la personne du roi de Navarre et se fait mdme apprecier de Charles IX pour son talent poetique; il dirigeait les mascarades et les ballets de la cour et composa un ballet de Circi qui ne fut represents que sous Henri III, aux noces de Joyeuse. C'est lui qui decide et pr6pare la fuite d'Henri de Navarre. Une guerre de partisans commence dans le Midi : il s'y emploie com me soldat ou comme 6missaire avec une rare audace, et a la courde Ne>ac se mele a toutes les intrigues qui s'y agitent, s'attirant de nombreux ennemis par la hardiesse et la causticity de son langage. II suivit son maitre, devenu roi de France, pendant sa lutte contre la Ligue, et combattit pres de lui a Arques, a Ivry, aux deux si6ges de Paris et a celui de Rouen. Devenu gouverneur de Maillezais, puis vice-amiral du Poitou et de la Saintonge, il prit une part active aux agitations du parti calviniste et aux querellesHheologiques qui suivirent la promulgation de l'6dit de Nantes. Apres la mort de Henri IV il futentrain£, un peu contre son gr£, dans les guerres des princes, et ay ant vendu au due de Rohan ses forteresses de Haillezais et du Dognon, il se retira A Geneve ou ses dernieres annees larent empoisonne'es par la conduite de son fils Constant.

1 Lalanne, Diet, de Vhist.- de France,

Dans eette vie si agitee, d'Aubigne" joue bien des rffle» divers : il est theologien, quand il dispute dans l'assemblee de Fontainebleau et quand il ecrit le traite de Dissidiis Patrum; pofite, quand il compose les Tragiques (publics seulement en 1616), violente satire du siecle, 6bauchee dans le loisir que lui donna, en 1577, une blessure grave, achevee depuis partout, a cheval, dans la tranchee, oeuvre melee en effet ou l'6nergie d6borde aux depens du gout et de Tart, ou Ton croit entendre tantdt Faccent apre d'un prophete juif, tantdt la verve amere de Juvenal. II est historien, quand il ecrit son Histoire universelle (publiee en 1616-1620) et ses Mimoires personnels. On lui doit encore les Aventures du baron de Fosneste, qui parurent de 1617 a 1630, et qu'il 6crivit pour ndiculiser les moeurs de la coilr de Louis XIII ».

Page 88, v. 19. Devant ma vie, avant que ma viesoit.

— v. 22. Des restes de ma vie.

Page 89, v. 20. Qui ne puis, moi qui ne puis....— Offenm, pechSs.

— v. 22. Si ai-je, pourtant j'ai du moins.

— v. 24. SiloJ, source sacr6e de Palestine.

— v. 28 Le grand mobile, Tunivers.

— v. 30, Puisque tu as donne" cet espoir comme gage du salut. Page 90, v. 3. Tu m'arroses du haut du ciel moi, plante ingrate, qui....

— y. 11. Citron, chien qui avait appartenu a Henri IV, et qu'on mit sur le passage du roi, lorsque celui-ci vint a Agen (voy. Confession de Saney, I, v); on avait attache au cou du chien ce sonnet qui fait allusion a l'ingratitude du roi devenu catholique, envers ceuz de ses anoiens coreligionnaires qui l'avaient le mieuz servi. Le nom de citron resta longtemps populaire comme nom de chien, puisqu'on le retrouve encore dans les Plaideurs.

*- ▼. 21. Ce vers a ces treize pieds dans toutes les Editions, -w v. 22. Veues, regards.

— v. %&. Poinct, moment.

Page 91, v. 23. Ont fui. Le ciel et la terre se stmt renouvelSs.

— v. 36. Au regard de ses yeux, en comparaison des yeux de TEternel qui brillent d'un lumineux 6clat.

Page 92, v. 2. Estoffe, matiere, substance; claire, brillante.

— v. 7 S'ils doivent t s'ils ont des dettes envers Dieu, l'fiternel leur en fait remise.

— v. 15. Remarquent assex, ne voient que trop.

— v. 34. L'Eglise reformed est contrainte de celebrer ses cere*monies en cacbette dans des masures*

l.Lalanne, Diet, de Vh\<tt. de France.

Page 93, ▼. 4. Si te benirons, pourtant encore....

— t. 14. N*es-tu seigneur, n'es-tu plus le maitre du monde...

— v. 20. Men pour te porter, aucune oflfrande k t'apporter.

— v. 39. Du temple calviniste.

Page 94, v. 6. Creux, tombeaux.

— v. 14. Temples vivans, nos eoeurs.

— v. 29. Desboutonne, ouvert.

— v. 37. Sein ferri, coeur de fer.

— v. 45. Cris mortelSy oris de mort.

Page 95, y. 6. Peine.... par la S6vent6 du chatiment.

Page 96, i. 1 . Regnier (Mathurin), n6 a Ghartres le 21 decembre 1573, mort a Rouen le 22 octobre 1613. II e"tait neveu du poete Desportes, dont rexemple le porta de bonne heure a faire des vers. Son pere voulait bien qu'il hentat de son oncle quelque benefice, mais non la manie du po6te,et il fit tonsurer son fils a onze ans. Ge n'etait pas la vocation de Mathurin. En 1593, il s'attacha au cardinal de Joyeuse, qui partait pour Rome, et passa pres de dix ans aupres de ce prelat sans en recevoir aucune recompense. Quoiqu'il eut reconnu que la fiddlite" rCest pas grand revenu, il suivit encore le due de Bethune, dans son ambassade a Rome (1601). Celui-ci , moins ingrat, lui fit obtenir, en 1604, un canonicat de la cathedrale de Chartres, et deux ans apres, une pension de 2000 livres sur l'abbaye des Vaux-de-Cernai. Recherch6 des grands pour ses talents, sa bonhomie insouciante et enjou6e, sa conversation pleine de saillies, Regnier eut pu mener une vie tieureuse s'il n'eut et6, des Page de trente ans, accable* de souffrances, suites de ses debauches. II est le premier de nos satiriques par la vigueur, le coloris de ses peintures trop souvent cyniques, la verve et le mouvement du style, par une versification large et facile qu'on ne retrouve guere plus que chez Moliere. Disciple de Ronsard et de son ecole, mais disciple aux allures degagees, il les a deiendus contre Malherbe, auquel il a fait rude guerre dans sa IX* satire. Nourri de la lecture des satiriques latins, Regnier imite frequemment Horace, Perse, Juvenal, mais en maitre. De l'aveu de Boileau, c'estle pofite « qui a le mieux connu, avant Moliere, les moeurs et le caractere des hommes. » On a de Regnier seize Satires, trois iZpitres, cinq tittgies, des Odes, Stances et des ipigrammes, etc. K

— y. 6. Son pied, sa mesure.

— v. 7. Qu'il a (il dit) qu'il a.

— v. 8. Globe, qu'il connait les elements de tout ce qui existe dans Punivers.

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