XLIV INTRODUCTION
depuig rev&tus de prefixes, tandis que les verbes simples ont aujourd'hui un sens tout diff6rent de celui qu'ils possSdaient autrefois. G'est ainsi qu'on disait coupler pour decoupler :
L'autre met dextrement les tigres aux attaches, Tizonnez sur la peau, les couple deux a deux.
Belleau, 58.
Portes, un neu autre que le vulgaire A pu coupler nos esprits allies.
BaIf, 64.
Porter pour apporter : \jz besi
Les princes n'ont point d'yeux pour voir ces grand'merveilles... Leurs mains ne servent plus qu'a nous persecuter; lis ont tout pour Satan, et rien pour te porter.
Aub. 93.
Seoir pour asseoir :
Ne partiront jamais du throsne ou tu te sieds Et la Mort et l'Enfer qui dorment a tes pieds.
Aub. 95.
Tes ennemis et nous sommes egaux en vice, Si, juge, tu te sieds en ton lict de justice.
Aub. 92.
§ 79. De mtoe avecle pr6fixe com (lat. cum), »e porter pour so com porter :
Alexandre apprit les lettres et la langue romaine, servit de scribe aux magistrats de Rome, et se porta fort sagement en cest office.
Amyot, 175.
§ 80. Au lieu de en lever, le seizieme siecle disait liai lever : r :JL
Son corps fut incontinent levt et couvert de drap noir. I
Brant, 199. I fe
Si on ne dit plus lever le corps, on a conserve" cependant le substantif participial (la lev6o du corps) .
§ 81. II employait de m&me tenir au sens de maintenir, sou tenir :
Oryttus argue tres sagement en Plutarque quand il tieut que si la
GRAMMAIRE DB LA LANGUE DU XVI 8 SlfiCLB. XLV
religion estoit ostee de la vie des hommes, ils n'auroyent nulle excel* ence par dessus les bestes brutes.
Calv. 113.
§ 82. Suivre est employe* sans le suffixe (pour, lat. pro) au sens de/)owrsuivre :
Pour Dieu, mes compagnons, ne laissez an bon du coup ceste enreprinse. Suivex sur cet etonnement.
Montl. 146.
§ 83. De meme munir au sens depremunir :
Les bestes brutes sentent venir Forage et cherchent des cachettes; ne trouvons pas maulvais si les hommes, le preVoyant, se munissent a Tencontre.
Hosp. 154.
§ 84. Le suffixe re, qui de tous les suffixes est celui qui a pris le plus fr6quemment en frangais moderne un sens expl6tif, sans aucune id6e de reduplication, manque dans la plupart des cas a la langue du seizieme siecle, qui dit epandre pour repandre, marquer pour remarquer, mercier pour remercier, etc.... L'absence de suffixe se fait meme sentir dans des cas ou la presence de re est indispensable au sens : Rabelais emploie bdtir pour rebatir, connaitre pour reconnaltre, etc....
Les principaux verbes de ce genre sont : Abattre pour , r abattre :
Les visieres estant dbatues, et la prompte fureur ayant bande les yeux.
La Noub, 202.
Accovrcir pour raccourcir :
.... Liu, reveille, avec la pleine tasse Des jours d'est6 la longueur accourcit.
Assurer pour r assurer :
Or y a-t-il plusieurs occasions qui nous feroyent perdre tout coil-