‹ Morceaux choisis des grands ʹecrivains franc̜ais du XVIe siècle: accompagnʹes d'une grammaire etChapitre 31 sur 212 · A.UB · texte numérisé non relu

A.UB

GUAMMAIRE DE LA LANGUE DU XVI* SlfiCLE. XLVI1

Luire pour reluire :

En son oeuvre n'oit rien, rien no void, rien ne sent, Qui ne presche son los, oil ne luite sa face.

Bartas, 84.

Ainsiy selon nos yeux, le soleil est luisant.

R£gn. 101.

Marquer pour re marquer :

Ici du coin de l'oeil marque le pied d'un chesne.

Rons. 40.

Merrier pour remercier :

Et, en oslant son bonnet de la teste, A mercyt mille fois la grand beste.

Marot, 10.

Nailre pour renaltre :

La terre ouvre son sein; du ventre des tombeaux NaisserU des enterrcz les visages nouveauz.

Aub. 90.

Paitre pour re pal tre :

II ne se paist d'une esperance vaine.

Desp. 86.

Nous prenons plaisir a nous piper nous-memes a escient, nous autre de faussete et de rien.

Charr. 228.

Partir pour repartir ;

Ccttuy vostre estre que vous jouyssez est egalement party a la lort et a la vie.

Mont. 207.

Sembler pour res sembler:

Mais tout ccla marcboit en moult belle ordonnance, et sembloyen* ss anciens crancquiniers de France.

Mftv. 241.

Scnlir pour ressentir :

Si n'cn y a-L'il a la fin pas un qui ne so sente sinon du principal but in lumoins dc la recherche.

Bott. AS*.

XLVHI INTRODUCTION.

S&r6ner pour ras s6r6ner :

Serenez votre visage, use* de l'esprit et du courage que Dieu tous * tonne.

Adb. 237. /

Sonner pour re sonner :

Nous avons faict ouir au tombeau nos prieres, Faict sonner aux tombeaux le nom de Dieu le fort.

Aub. 93.

Tenir pour retemr :

II contemple le cours des bruyantes rivieres;

Ce qui lui fait alors un tel desir venir

De sommeiller un peu, qu'il ne s'en peut tenir.

Vadq. 76L

Tirer pour retirer :

Dieu parolst : le nuage entre luy et nos yeux N S'est tire 1 a Fescart, il s'est arme de feux.

Aub. 91.

Aquoy faire y reculez-vous, si vous ne pouvez tirer arrieret

Tou/rner pour retourner :

A la fin tout pensif, de toutes parts cherchant Lequel il coupera, tourne le fer trenchant Sur le pied d'un ormeau et par terre le rue.

Rons. 40.

Mats, lasl mon sort est bien tourni, Mon age en un rien s'est bornl.

Tfousser pour retrousser :

Devant eux marchoyent trois moynetons et novices, leurs robes trousstes.

MfiN. 241.

Les jeunes escoliers, prestres et moynes avoient sur le troussis de leurs chapeaux chacun une croix blanche.

Catbt, 179.

Je veux qu'amour d'un petit brin Ou de lin, ou de cheneviere, Trousse au flanc sa robe legere, Et my-nud me verse du vin.

Rons. 26.

GRAMMAIRE DE LA LANGUE DU XVI* Sl£CLi£. ALIX

Vtiir pour rev&tir :

dieux que veritable est la philosophie,

Qui dit que toute chose a la fin perira,

Et qu'en changeant de forme une autre vettiraf

§ 85. Le pr6fixe sup (lat. sub) manque dans poser i ur sup poser:

Je vous en croy si je vous ay mesfaict.

Encor, post le cas que l'eusse faict,

Au pis aller n'escherroit qu'une amende.

Marot, 12.

Porter pour supporter :

Anne de Limur, sa belle-mere (d'Agrippa d'Aub.), portoit impaemment et la despence et la nourriture qu'on y employoit.

Aub. 234.

§ 86. On trouve de mfane passer pour sur passer, endu pour sttspendu :

II bait son nom; il veut, voluptueux, Passer les grands enr habits somptueux. *

Vauq. 74.

Incontinent que bon luy semble (a Dieu) rendre a l'air sa self ' J\A ute paisible, soustenir tellement la mer pendue en Fair quV .e ue lisse faire nuisance a la terre.

Calv. 114.

Section HI. Emploi des Verbes.

§ 87. Un grand nombre de verbes, soit actifs, soit sutres, employes aujourd'hui sous la forme pronomiile, existaient encore au seizieme siecle a l'6tat simc; on disait, par exemple, affaiblir pour s'affaiir :

Les prieres de ces honnestes femmes me tirerent de l'extremite et agueur ou j'estois, J'entends du corps : car quant a l'esprit et Aendement, je ne le sentis jamais aflbiblir

tCfUVATNS DU XVI 9 8&CL* d

t INTRODUCTION.

Nous congedions, menacons, prions, deffions, detpittow, feitoyons, complaignons, desconfortons, estonnons, escrions....

Mont. 222.

De m&me escrimer pour s'escrimer :

A coup de patte il escrimoit.

BellAY, 55.

Je cherche comp&gnie ou je joue a la prime, Je voltige ou je saute, ou je lutte ou i'escrime.

Rons. 45.

Faire voir pour $e fairs voir ;

Alors s'avancoit et faisoit voir monsieur le lieutenant, et devant luy deux massiers fourrez d'h ermine.

MfiN. 242.

Fourvoyer pour se fourvoyer :

Trop pleine de ce dieu, la brigade chancelle, Fourvoyant, qk et la, de piez et de cervelle.

Bbllbau, 5T.

Le chemin de la mort est un chemin tout droit, Si certain a tenir que ceux qui ne voyent goutte Sans fourvoyer d'un pas n'en faillent point la route.

Meier pour se m&ler :

Gelles qui n'ont point de voix no laissant pas d'avoip pratique et communication mutuelle.... et nous mulont i cettft cause lotteroeut d'en opiner.

Mont. 219.

Montrer pour se montrer :

Je vous pry que, si je meurs, vous et le conseiller de Nort vous monstriex amis de ma femme.

Montl. 142.

Repattre pour se repaltre :

Arbres de Jupiter, germes Dodone'ens,

Qui premiers aux humains donnastes a repaittre.

Rons. 40.

Reposer pour se reposer :

West ce mieulx que des maintenant nous reposons, sans nous mettre en ces hasars, car le voyaige est long et perilleux.

Rab. 131.

rRAMMAIRB DB LA LANGUE DU XVP SINGLE.' U Ttouveler pour se renoiiveler :

Comme on void tous les ans les feuilles s'en aller, Au bo-is naistre et mourir, et puis renouveler : Ainsi le vieulx langage et les vieulx mots pe>issent

Vaoq. 74.

w pour se ruer :

ie partis do yostre armee ira ruer sus ce Grandgousier et sos

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