DIPHTHONGUES
AI
§ 148. L'ancien frangais disait ele de ala; plus tard, cet e est transform^ en ai que le seizifcme sifccle 6crit tantGt comme nous par ai (aile), tantdt par ae, oe; aele (Belleau, 59), (Bile (Belleau, 61), cer (Belleau, 57).
§ 149. Les mots en age, agne se prononcaient, selon le t6moignage du grammairien Palsgrave (1530), en aige % aigne : « Tous les mots qui dans l'6criture se terminent « en age, doivent dans le discours faire entendre un i « entrc Va et le g, comme si au lieu de a il y avait la « diphthongue ai. » (Palsgrave, ISclaircissement, p. 8.) Cctte regie nous permet de comprendre la possibility des rimes suivantes :
Tout ce qu'apporte la campagne, Tout ce qu'apporte la montaigne,
• Est de ton propre
Belleau, 61.
II se plaist auz chevaux, aux chiens, a la campagne ; Facile au vice, il bait les vieuz et les desdaigne.
Regn. 97*
iCMYAlKS DU XVI SI&CLK, ^
LXXXn INTRODUCTION.
On voit lea bourgs, les villes et villaiget Ediffier, et restaurer maisnages.
Grinq. 3*
Et amenez bledx et Tins par ouUraiges; Sont foudroyez 1 es bourgz et les villaiges.
Gring. 4.
De la aussi les formes tellesque : accompaignS (Aub., 236), aigneau (Bartas, 82), compaignie (Mont., 215), compaignon (Mont., 216), cowraige (Rab., 123), declaire (Galv., 114), encouraiger (Rab., 121), equippaige (Rab., 129), gaignaht (R6gn., 97), gaigne (Mont., 212), gaignee (Rons., 39), gaigner (Mont., 221), hespaigne (Rab., 129), imaige[Rab. } 121), montaignes (Mont., 207), naufraige (Rab., 127), potaige (Rab., 128), regaigner (Rons., 42), saige (Rab., 123).
§ 150. Ai r6pond a notre e ouvert et plus rarement a notre e ferm6 dans aiglantin (Belleau, 59) , aisseuils (Pass., 81), alaigresse (Mont., 203), confrairie (Mont., 217), (laitries (Rons., 23), nau (Galv., 113).
AU
§ 151, Le son au (que les Romains pronongaient aou) so r6duisit de bonne heure a o dans le latin populaire : Fcstu8 nous apprend que les paysans romains pronongaient oricula, orata pour auricula, aurata ; et le fran$ais transformant au en o, al'origme, dit chose de causa, or de aurum, closdc clausus, etc., et dem&mepovrede pauper, toreau de taurellum, etc. ; plus tardles latinistes r6tablirent au dans tous ces mots et Scrivircnt : aurcille (Rons., 24), ausent (Aub., 237), auseronM'fe. (Aub., 237), a c6t6desquels ontrouve encore : povrement (Vauq.,78), povres (Gring., 3). Gette lutt eentre les deux formes au et o amena une orthographe mixtc ao qui pr6tendait donncr satisfaction a la fois a Forth ographe et a laprononciation: