‹ Morceaux choisis des grands ʹecrivains franc̜ais du XVIe siècle: accompagnʹes d'une grammaire etChapitre 54 sur 212 · ORTHOGRAPHE, PRONONCIATION, ETC. LXXXUJ · texte numérisé non relu

ORTHOGRAPHE, PRONONCIATION, ETC. LXXXUJ

appaovrir (Galv., 117), paovres (Rab., 124), paovrett (Rah., 126) ; dans tous ces mots a est nficessairement muet.

EI

§ 152. Ei correspond k Vai moderne dans pleigne (Bo6t., 191), pleignent (R6gn., 104), preigne (Galv., 117); k notre e ouvert dans armeine (Rab., 125), meine (Bo6t., 192), reigle (Bfeze, 136), reiglee (Mont., 223), seiche (Jod., 70), seicher (Rons., 27).

EU

§ 153. Le groupe eu, soit qu'il provlnt de l'adoucissement de o comme dans meure de mora, ieur de forum, men de motus (aujourd'hui mure, fur, mii),— soit qu'il r6sult&t du groupement de deux voyelles mises en pr6sence par la chute d'une consonne (se[c]urus donne s&wr, puis sev/r et sur\ 6tait d6jfc prononc6 u au seizifeme siecle, mais l'orthographe htaitait entre Tancienne forme et la nouvelle; on trouve dans Ronsard cogneu k c6t6 de cognu (voy. p. 30 du Recueil, ou cogneu rime avec venu) ; incognu est dans Du Bellay (p. 56) k c6t6 d'tncogneu, et cette inconsequence persiste dans l'orthographe moderne: nous 6crivons par u tous les participes que le seizifcmo si&cle 6crivait encore en eu (pourveu, receu, vouleu, tcneu) ; mais le participe du verbe Stre, que nous pronon^ons u, a gard6 la vieille orthographe, et nous 6crivons de m6me gageure tout en pronongant gajure. On trouve u pour le participe eu dans Balf :

Qui de sa main l'ayant u9 Pour souvenance d'amour, Ne la perdra point de «ug ...

BaIf, 63.

Notre recueil contient d'autres exemples qui peuvent

LXXXnr INTRODUCTION*

nous sorvir & fixer , par les rimes, la prononciation dc la diphthongue eu :

Dire et nombrer les peines et ennuitz Qu'incessamment folz gens d'armes endurent En camps et ost, on jamais ne s'asseurent.

Gbino. 4.

Car aussi tost que tu as beu Dessus les arbrisseauz un pen,

L'un avec sa couleur bleue Nous veult esblouyr la veue.

Belleau, 60.

Bkze, 67.

Ainsi ce grand Ouvrier, dont la gloire fameuse J'esbauche du pinceau de ma grossiere muse.

Bartas, 83.

Maschantes en lours bouches

Un frein d'or escumeux; leur regard estoit /et*, Pareil aux yeux de ceux qui de nuict ont trop beu.

Eons. 41.

May vantera ses fraischeurs, Ses fruicts meurs*

Belleau, 60.

Et en danger, si en yver je mewrs,

De ne veoir pas les premiers raisins meurs.

Marot, 14.

— A quelle fin es-tu de ces ailes pourveue f

— J'apprends l'homme a voller au-dessus de la nue.

Vauq. 78.

Courtisans, qui jettez vos desdaigneuses veues Sur ce chien delaissl, mort de faim par les rues, Attendez ce loyer de la fidelity

Aub. 90.

§ 154. Oh retrouve cette diphthongue dans les exemples suivants : accreue (M6n., 240), alleures (Mont., 211), a-sseurance (Aub., 91), asseure (Cayet, 179), asseur6 (Monti., 148), (isseureement (Amyot, 160), asscurent (Gring., 4), asseuroient (Cayet, 178), asscurons (Mont., 222), beu (Rons., 41), beus (Monti., 152), cheat

Page 1