‹ Morceaux choisis des grands ʹecrivains franc̜ais du XVIe siècle: accompagnʹes d'une grammaire etChapitre 9 sur 212 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

SDBSTANTIF.

Section I. Genre.

§ 1. Un certain nombre de noms aujourd'hui masculins 6taient encore ffcminins au seizifcme si&cle : honneur et amour observaient strictement la rfcgle qui a transforms en f&minins fran^ais les masculins latins en or (vapor, dolor, terror, — la vapeur, la douleur, etc.), et 6taient fdminins aux deux nombres ; gent 6tait toujours f&minin, au pluriel comme au singulier; melange venant de meter 6tait ftminin (comme Test louange venant de loner] ; rmnuit avait conserv6 le genre du substantif [la minuit), etc....

La tendre amour qu'il portoit a sa miserable patrie.

Mont. 214.

De m£me : violente amour (Henri IV, 245).

Le comte de Horn en sa comte*.

Brant. 199.

Ceste vilaine trajicque qui se couvre sous l'honorable tiltrede justice, engendreroit certainement a toutes gents de bien une singuliere affection envers luy.

Mont. 214.

Les truyes [sauUoe Vhonnew de toute la oompaignie) ne sont nourries que de fleurs d'orangiers.

Rab. 125.

Si compensa et contrepesa si sagement la meslange de ses adventures presentes avec les prosperitez passees.

Amtot, 173.

La Royne-mere, peu apres la minuiet du samedi pome.

in INTRODUCTION.

Ariamenes estant dessus une grosse navire,

Aicyot, 160.

Et, dessus une coche, en belles tresses blondes, Par le peuple, en honneur deesse vous iriez.

Ronsard, 21.

On trouve d'autre part coche masculin dans Bran- Idme, 197.

§ 2. A l'inverse, on trouve au seizifcme siecle, avec le genre masculin, plusieurs substantifs que le ffcminin reclame aujourd'hui, les uns comrae errewr auquel les latinistes avaient rendu le genre du latin, les autres corame fourmi parce que le primitif est un type formicus, non le f&ninin formica, etc....

(Un chat) blanc comme un ermine,

Du Bellay, 63,

Venus pour maintenir aucun errewr.

BfezE, 136.

Portants le corps oVun fourmi mort.

Mont. 219,

L'homme est son saint image.

Du Bartas, g&

lis cherissent mesmes cet occasion.

D'Aub. 237.

Et m'excusez si, pour le mien affaire, Je ne suis point vers vous alle parler.

Marot, It,

Le plus bel ceuvre que nature Feit one en matiere de chats.

Bellay, 63,

L'ombre au matin nous voyons ainsi croistre, Sur le midy plus petit apparoistre.

Bellay, 49.

§ 3. Quelques mots masculins, qui ont aujourd'hui une forme distincte pour le feminin, sont au seiziems siecle employes pour les deux genres :

La cigalc,

Douce prophete de Teste.

Belleau, 61.

GRAMMAIRE DE LA LANGUE DU XVI* SlfiCLE. XIII

Section II. Nombre.

§ 4. Plusieurs expressions que nous n'employons aujourd'hui qu'au singulier ont le pluriel, et r6ciproque- *M ment; on trouve les prochains pour le prochain, prendre le devant pour les devants, etc....

Si gaigna le devant et se jetta dedans uns eglise.

Amyot, 167.

Soys serviable a tous tet prochains.

Rab. 123.

De raeme les prochains dans saint Francois de Sales, 248 ; mettre aux attaches, pour mettre & V attache (Belleau, 58).

Section m. Formation des sotstantifs.

§ 5. Certains prefixes manquent k des npms qui les possedent aujourd'hui : on trouve, par exemple, route pour deroute, &jouissance pour r&jouissance, estroit pour ctetroit (voy. pour plus de details § 84).

La plus express* marque de la sagesse, e'est une esjouissance constants

Mont. 212.

Vous passerez par Vestroict de Sibylle.

Rab. 129.

11 chargea si & propos, qu'il mit en route toute nostre armee.

Brant. 195.

§ 6. A Pinyerse, nous avons d6laiss6 certains composes du seizi&me siecle, tels que sous-faveurs, pour faveurs secondaires, etc... :

Les favours ou toufaveurt que Ton a avec les tyrans.

Bo&t. 192.

§ 7. Dans la formation par les sufiix&&, TtwAttsuusfetrons de memo des d6riv6a dispatrua *^o\a&\N&* lRto-

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