‹ Morceaux choisis des poetes et prosateurs français du 16e siecle. Accompagnés de notices développées sur chaque auteur, de notes grammaticales, littéraires et historiques; précédés d'une grammaire abrégée de la langue du 16e siecle, d'études générales sur l'état de la poésie et de la prose a cette époque, et suivis d'un glossaire explicatif et étymologique de tous les termes sortis de l'usage, qui se rencontrent dans ce volumeChapitre 12 sur 91 · DE LA LANGUE DU XVI" SIÈCLE. XIII · texte numérisé non relu

DE LA LANGUE DU XVI" SIÈCLE. XIII

zième siècle la forme ancienne s'emploie parfois encore, mais la forme nouvelle est la plus fréquente.

II. La langue moderne a gardé fort peu d'adjectifs féminins en eresse ; le seizième siècle en avait à foison : empoisonneresse, tromperesse, venderesse, chanter esse, etc.

III. Il y avait beaucoup de formes doubles, par exemple, moussu et moussé: « antre moussé. »

IV. Quantité d'adjectifs s'employaient pour le substantif : « en Vextresme des jours ; le semblable est advenu. »

V. On employait quelquefois l'adjectif oîi nous mettons l'adverbe : « les oreilles qui sont pures frariçoises, fantaisies pnires humabifs ; » pour : « purement françaises, purement humaines. »

On se servait aussi de l'adjectif dans des cas oîi nous employons une forme neutre qui a été considérée comme une préposition : « satilve l'honneur » pour : « sauf l'honneur ».

YI. Les adjectifs étaient employés comme adverbes bien plus fréquemment qu'aujourd'hui : estroit, étroitement, haut, hautement, possible, peut-être.

YW. Le seizième siècle avait, pour le superlatif, outre le mot très qu'on accolait souvent à l'adjectif, les mots moult et prou.

Souvent le superlatif n'était pas précédé de l'article; on disait /)/i«s pour « le plus », moiris pour « le moins» ; pratique qui s'est conservée longtemps dans le siècle suivant : « Manquant de l'ingrédient plus nécessaire, qui est l'or » [Sat. Men.) ; « lui exposant les poincts plus obscurs » (Rab.).

Le comparatif est souvent suivi de la préposition de, au lieu de notre que, même dans une comparaison d'égalité : « plus beau de lui, plus gros des autres. » — « Il n'est de paix chose plus belle. » [Deb. de la demoiselle et

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