DE L\ LANGUE DU XVI'' SIÈCLE. XXIII
mast » (Rab., II, 29); pour pendant : « d'aussi bons canonniers que j'en veis à ma vie « (Montluc); pour en : <( trouppeaulx paissans à seureté » (Gring.).
Souvent aussi à remplace 'pour^ sur, vers, selon; mais toutes ces constructions sont encore fréquentes au dixseptième siècle.
On dit à tout, dans le sens d'avec : « puis à tout son baston de croix, guaigna » (Rab., I, 27).
Après se joint à la préposition à pour exprimer l'idée d'être occupé à : « Pour ce seul respect suis je après à l'eschanger. » (Henri IV.)
De s'emploie pour à : exhorter de, se plaire de, se résoudre de, manières de dire encore fréquentes au dixseptième siècle. L'emploi de de pour par : « forcé de famine » (Montluc), « laissé de son maître » (Amyot), etc., est également commun au seizième et au dix-septième siècle.
De ne se place pas après 7H'en, quelque chose, etc., suivis d'un adjectif: « Il n'y a rien si vray. » (Des Periers.)
De dans le sens de contre est plus particulier au seizième siècle « : Si deux, trois, quatre, ne se desfendent ^i'un, cela est estrange. » (La Boetie.)
Pour remplace souvent à : « destiné pour estre» (Pasquier). Cette tournure se retrouve au dix-septième siècle.
Une observation générale ne peut être omise ici ; c'est que souvent, au seizième siècle, les prépositions à et de se suppriment après certains verbes ou adjectifs qui les exigent aujourd'hui. Par exemple, on disait :
« Ne les incite
Leurs y oisins ruiner. .. . »
(Ronsard.)
pour« ne tes incite à ruiner ». — « Délibéra aultrement