LA LANGUE DU XV!° SIÈCLE
La jeune école philologique française, de laquelle datera une nouvelle ère pour la connaissance approfondie de l'idiome national, a solidement établi qu'il se rencontre dans notre ]ann;ue trois couches de mots superposées : un fonds d'origine populaire, qui était complètement achevé à la fin du douzième siècle ; un fonds d'origine savante, composé de tous les mots directement empruntés par les savants aux langues classiques ; enfin un fonds d'origine étrangère, comprenant tous les mots venus des langues modernes.
Au seizième siècle, ce n'est plus le peuple qui crée ■ les mots ; ils sont forgés par les érudits, et ces mots ne sont plus transformés par les lois instinctives de la phonétique, ils sont tout simplement calqués sur le latin et le grec et sur quelques langues vivantes.
Notre langue est d'origine et de constitution toutes latines ; mais au moyen âge le génie français avait miis sa marque sur tout ce qu'il empruntait du latin. A partir du quinzième siècle on se contente d'écorcher le latin. On introduit en foule ou l'on consacre des mots comme axunge, onguent, de axungia ; compùes, carrefours, do, compila; concion, discours, de concio ; dilucule ,