‹ Morceaux choisis des poetes et prosateurs français du 16e siecle. Accompagnés de notices développées sur chaque auteur, de notes grammaticales, littéraires et historiques; précédés d'une grammaire abrégée de la langue du 16e siecle, d'études générales sur l'état de la poésie et de la prose a cette époque, et suivis d'un glossaire explicatif et étymologique de tous les termes sortis de l'usage, qui se rencontrent dans ce volumeChapitre 9 sur 91 · SUBSTANTIF · texte numérisé non relu

SUBSTANTIF

I. Un certain nombre de substantifs aujourd'hui masculins étaient féminins ou des deux genres au seizième siècle : ordre, arbre, prose, carrosse, coche, mélange, minuit, guide, traficque (trafic), ouvrage, ongle, mensonge, exemple.

En général le seizième siècle ramène au genre masculin les noms en eur et en our que l'usage avait faits du féminin : horreur, labeur, ardeur, erreur, amour ; ce dernier mot est encore féminin quelquefois, et jusqu'à nos jours a conservé de l'ancien usage le féminin au pluriel.

Contrairement certains substantifs aujourd'hui féminins étaient alors masculins : affaire, comète, erreur, fourmi, tige, dot, énigme, estude, image, ombre, fabricque.

II. Plusieurs expressions que nous n'employons qu'au singulier avaient le pluriel, et réciproquement. On disait les prochains, pour le prochain, mettre aux attaches, pour mettre à rattache. Et. Pasquier veut « contre-carrer par ses p7'oses les beaux esprits qui se sont voués à la célébration de l'amour dans leurs poésies ». On disait prendre le devant, quand nous disons prendre les devants, etc.

III. Beaucoup d'autres particularités seraient à remarquer relativement aux substantifs ; nous n'en indi querons qu'une, la multiplicité des cas où l'infinitif est

Page 1