X GRAMMAIRE
faite par Yaragne ; or, depuis le seizième siècle, l'insecte aptère ne s'appeUe plus (\\ïara>gnée ; ce qui est un appauvrissement et un défigurement de la langue.
Le français, de constitution toute latine, avons-nous dit, offre un petit nombre de tardifs emprunts faits directement à la langue grecque. On verra dans ce volume qu'ils sont dus surtout à l'école de la Pléiade.
Parmi les langues vivantes, le seizième siècle fait de nombreux emprunts à l'italien, à l'espagnol et à l'allemand. Nous dirons dans notre notice sur Henri Estienne, et dans les deux études placées en tète des Morceaux choisis des poètes et prosateurs, comment l'italien fit invasion en France au seizième siècle et menaça d'altérer et de gâter notre idiome.
Les guerres de la Ligue et le long séjour des armées espagnoles en France répandirent parmi nous la connaissance de la langue castillane, et depuis le temps de Henri III, jusqu'à la mort de Louis XIII, nous apportèrent beaucoup de mots, et particulièrement des noms de végétaux exotiques et de leurs produits manufacturés. Une langue sœur de l'espagnol, le portugais, fournit aussi à la même époque quelques termes spéciaux, certains mots relatifs aux mœurs de l'Inde et de la Chine.
Beaucoup de mots d'origine germanique introduits dans la langue latine du troisième au dixième siècle passèrent dans le français en subissant une transformation régulière, et formèrent avec lui une union intime.
Au seizième siècle on fait directement à l'allemand moderne de nombreux emprunts de mots qui tranchent sur le fonds général delà langue.
Nous arrêterons ici ces remarques générales qui se trouveront complétées par les développements que nous donnons dans les deux études qui précèdent