LA VRAIE MORALITÉ
La fin dernière que l’homme moralement bon se propose dans tous ses actes en général, et ses actes extérieurs en particulier, peut se résumer dans cette formule : il veut que la raison , et la raison seule, règne dans le monde sensible. Toutes les forces physiques doivent être soumises à la raison. Or, la raison ne peut régner que dans des êtres raisonnables et par leur entremise. Ainsi, l’acte moral, lors môme qu’il se rapporte immédiatement à la nature irraisonnable, a toujours du moins pour but médiat et exclusif les êtres raisonnables. Comme par rapport à la nature il n’y a pas de droits, il n’y a pas non plus de devoirs. C’est un devoir de la cultiver, mais seulement en vue des êtres raisonnables. En conséquence, l’homme moralement bon veut que la raison et la moralité régnent dans la communion des êtres raisonnables. Ce n’est pas seulement à cette fin que ce qui est bon et conforme à la raison s’accomplisse, que la légalité seule gouverne; mais que cela s’accomplisse avec liberté et en vertu de la loi morale, et que, partant, la vraie et pure moralité règne. C’est là un point essentiel qu’il ne faut pas oublier. Pour l’avoir négligé,
* . Le noyau.
prose: MAXIMES ET RÉFLEXIONS. 17
bien des choses nuisibles et pernicieuses se sont introduites dans la théorie, et de là dans la vie. Il n’est d’acte moral que celui qui est accompli avec liberté.
Fichte.