‹ Morceaux choisis en prose et en vers des classiques allemandsChapitre 11 sur 249 · D’oü · texte numérisé non relu

D’oü

parce q$ie c’est contraire à leur nature. 11 en résulte que les gens instruits eux-mêmes, quand ils ont constaté une vérité particulière isolée *, ne peuvent s’empêcher de la rattacher, non-seulement à ce qui en est le plus voisin, mais même à ce qui en est ie plus éloigné : de là naissent erreurs sur erreurs. Le phénomène immédiat se rattache au phénomène éloigné, seulement dans ce sens, que tout se rapporte [à un petit nombre de lois générales qui se manifestent partout.

L’analogie a à craindre deux sortes d’égarements : le premier, c’est de s’abandonner à l’imagination qui l’absorbe et l’anéantit®; le second, qui, à vrai dire, est moins nuisible, c’est de s’envelopper de tropes et de comparaisons.

Il ne faut souffrir dans la science ni mythologie ni légendes. Qu’on les laisse aux poètes qui ont mission de les mettre en Œuvre pour l’utilité et le plaisir du monde. L’homme de science doit se renfermer dans le présent le plus immédiat et le plus clair. Si cependant il voulait par occasion, se montrer rhéteur, que ces ornements ne lui soient pas défendus.

Tout ce que nous nommons inventer, découvrir, dans le sens le plus élevé du mot, n’est autre que la mise en œuvre, l’exercice remarquable d’un sentiment primitif de la vérité, qui, perfectionné longtemps en silence, arrive inopinément et avec la rapidité de l’éclair à une connaissance fructueuse. C’est une révélation qui, se développant du dedans au dehors, fait pressentir à l’homme sa ressemblance avec la divinité; c’est une synthèse de l’esprit et du monde qui nous donner l’assurance la plus consolante de l’éternelle harmonie de l'être.

t. En lieu et place bornée dans le temps et l’espace, a A l’imagination où elle se tond en rien.

II y a dans la science beaucoup de choses certaines, si cependant on ne se laisse pas égarer par les exceptions, et si l’on sait s’incliner devant les problèmes.

Goethe.

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