Des rivages de l'Olympe
3. L’esprit de Théanor est suspendu ù la grande scène et la célèbre avec.
Alors tout ce qui a des mains s’empresse d’entrer en possession ; jeunes et vieux, tout s’agite avec ardeur. Le laboureur s’empare des fruits des champs, le gentilhomme chasse dans la forêt.
Bien tard, longtemps après que le partage est fait, arrive le poëte; il venait d’une contrée lointaine. Hélas ! il n’y avait plus rien nulle part; tout avait son maître.
c Malheur à moi ! seul entre tous serai-je donc oublié, moi le plus fidèle de tes enfants ?» U donne libre cours à ses plaintes, et se prosterne devant le trône de Jupiter,
« Si tu t’es arrêté dans le pays des songes, ne t’en prends pas à moi, répliqua le dieu. Où étais-tu donc quand on a partagé le monde ?
— J’étais auprès de toi,» dit le poëte. Mon œil était attaché sur ton visage et mon oreille écoutait l’harmonie des deux ; pardonne à l’esprit qui, enivré de ta lumière, a perdu les biens terrestres,
— Que faire? dit Jupiter, le monde est distribué; les fruits de la terre*, la chasse, le commerce ne m’appartiennent plus. Veux-tu vivre avec moi dans mon ciel? Aussi souvent que tu voudras y venir, il te sera ouvert. »
...... Schiller.