‹ Morceaux choisis en prose et en vers des classiques allemandsChapitre 119 sur 249 · Un torrent d’argent · texte numérisé non relu

Un torrent d’argent

r>. Trois fois, — un nombre déterminé pour un indéterminé.

dam? — Ton image ne fait trembler que celui qui tremble devant lui-même. — Alors, frissonne à l’aspect des maladies qui se traînent devant moi dans les ténèbres, et de la sueur froide qui découle de mes ailes ! — Je ne frissonne pas. — Pourquoi donc? — Ami, parce que tout cela m’annonce que tu es près de moi. — Et qui es-tu donc, homme pétri de terre, pour m’appeler ami? — Je suis chrétien.

Aussitôt, le sévère séraphin le touche de son souffle, et la mort et le mortel disparaissent. — Au bruit sourd du tonnerre et d’un ouragan souterrain, un tombeau profond s’ouvre sous leurs pieds 1 . Théanor trembla ; il vit qu’il y avait au fond du gouffre quelque chose qu’enveloppait un sombre brouillard.

Tout à coup, les accords voilés des harpes résonnent dans le ciel* et viennent frapper son oreille étonnée. Il lève les yeux, et voit le chrétien entouré d’un auguste chœur d’esprits bienheureux qui saluent leur frère par de doux cantiques et placent sur sa tête une couronne de palmes ; son visage rayonne comme le soleil.

Tout entier à ce sublime spectacle, Théanor s’associe en esprit à l’auguste solennité*. Sa palme à lui, c’est une larme de joie. Maintenant il regarde dans la vallée; l’obscurité qui planait sur le tombeau se dissipe, et il reconnaît ce qu’il renferme, — c’est le vêtement usé du chrétien.

Pfeffel.

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