‹ Morceaux choisis en prose et en vers des classiques allemandsChapitre 128 sur 249 · LA FLAMME INTÉRIEURE · texte numérisé non relu

LA FLAMME INTÉRIEURE

Dans la profonde cavité du cœur, règne un auguste et sombre silence; et dans l’obscurité de ce sanctuaire, réside une petite flamme étrange et mystérieuse.

Son éclat est doux et brillant comme la lueur céleste des étoiles; la poitrine est son temple, le cœur son autel : c’est là qu’elle rayonne sans cesse.

Si quelquefois cette flamme est voilée et amoindrie par la puissance des ténèbres, ce n’est pas de longue durée : elle reprend sa forme et recommence à brûler.

Elle éclaire le sombre sentier du pèlerin, encourage l’humilité qui tombe mourante sur des chemins couverts d’épines, et la conduit en avant vers les hauteurs radieuses.

Et lorsque le guerrier se prépare au combat, cette flamme intérieure s’agite ; elle fortifie sa main pour des actions héroïques, et l’aide à conquérir la palme du triomphe.

Après la victoire, la petite flamme rentre dans son auguste repos; alors elle devient un torrent de lumière qui illumine de son doux éclat le regard joyeux du triomphateur.

Et lorsque, égarée par les séductions du plaisir, l’innocence chancelle, la petite flamme tremble et chancelle aussi dans les ténèbres du cœur; elle guide et conseille.

Elle se dissout en fugitives étincelles et reflue vers les joues brûlantes, inondé la poitrine émue et apaise les désirs et les folles angoisses.

Insensés I ah ! ne vous faites point illusion ! vous croyez étouffer cette petite flamme; sans doute, vous pouvez voiler sa sainte lumière, mais elle saura conquérir sa liberté.

Tout à coup et avant que vous puissiez le soupçonner, la petite flamme se réveillant devient un grand et formidable incendie, et, du sein d’horribles ténèbres, les vagues do feu s’élancent par-dessus votre tête.

Krutnmacher.

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