‹ Morceaux choisis en prose et en vers des classiques allemandsChapitre 131 sur 249 · LE JEU D'ÉCHECS · texte numérisé non relu

LE JEU D'ÉCHECS

Pourquoi feuilleter encore livres et papiers? Toutes les doctrines de Socrate sur le néant des préoccupations terrestres, un damier garni de petites figures nous les enseigne.

Ami, vois- tu comment la fortune distribue les dignités et les emplois, décide des positions et comment elles changent sans cesse? C’est ainsi que nous-mêmes, 6 mon ami! nous jouons dans le jeu de fortune un rôle différent, mais dont l’issue est pareille.

Deux armées puissantes sont en présence. Ici les Troyens, là les courageux bataillons des Grecs. De fortes tours les protègent; de vaillants cavaliers se tiennent devant les portes; l’armée se tait.

Le champ de bataille 1 attend et se tait, car les généraux sont en lutte avec eux-mêmes et méditent des plans. Les cœurs sont partagés entre l’honneur et la crainte. Maintenant le combat commence. Pauvres paysans, à vos rangs” I

Regarde, ils tombent! la victoire est achetée au prix de leur sang. Chacun des combattants fauche leurs prairies, pille leurs chaumières : à eux seuls la faute.

Pauvre Corydon! pauvre Alexisl vous êtes couchés, vous dormez! les maîtres sont encore derrière vous. Allons, bonhomme, debout, arme-toi 1 Quoique paysan, deviens un héros, un Tamerlan 5 !

Mais qui vient par ici en sautant? Ah ! c'est toi, rusé cava-

4. Feld signifie à la fois champ de bataille et damier, et réveille, par conséquent une double image.

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