‹ Morceaux choisis en prose et en vers des classiques allemandsChapitre 141 sur 249 · LES CIMES LOINTAINES · texte numérisé non relu

LES CIMES LOINTAINES

Là-bas, où l’azur des deux repose sur les montagnes, là, tout est beau, et j’y voudrais Cxer mon séjour; mon sang coulerait plus léger et plus joyeux, et les blessures do mon ardent désir guériraient.

Là, je le soupçonne, les fleurs doivent croître plus belles, un suc plus doux doit gonfler les fruits d’or, la verdure du sombre bocage est plus fraîche, les ruisseaux ont un plus aimable, un plus léger murmure.

Là, les cœurs sont doux, bienveillants, fidèles; là, doit régner l’esprit d’amour et de bonté ; là, tous les nobles penchants se montrent en liberté ; là, les visages sont plus beaux et plus riants 1 !

Emportez-moi donc, ô zéphirs printaniers 1 aquilons, prenez-moi sur vos puissantes ailes I II faut que j'aille là-bas, c’est ma patrie, c’est le but des aspirations de mon cœur.

Plein d’espérance, je m’acheminai vers la contrée lointaine, et j’atteignis bientôt les collines, objet de mes vœux ardents; mais à peine j’approchais, que le ciel disparut, hélas ! et les ailes de mes désirs m’emportèrent plus loin.

‘ I . Là cheminent des formes amicalement plus hcllcs.

Maintenant encore je me sens excité à aller en avant; mais l’ardeur de mon courage s’évanouit, et les belles espérances aux vives couleurs commencent à pâlir. Les montagnes lointaines sur lesquelles repose la voûte du ciel, non jamais, je no les atteindrai.

Slreckfuss.

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