‹ Morceaux choisis en prose et en vers des classiques allemandsChapitre 142 sur 249 · LE DERNIER POETE · texte numérisé non relu

LE DERNIER POETE

Poètes, quand serez -vous enfin las d’imaginer'? Quand donc finira la vieille, l’éternelle chanson?

La corne d’abondance n’esl-elle pas vidée depuis longtemps? toutes les fleurs ne sont-elles pas cueillies, toutes les sources épuisées ?

— Tant que le char du soleil continuera de rouler dans les plaines d’azur *, et qu’un visage humain élèvera vers lui ses regards ;

Tant que les nuages recèleront la tempête et la foudre, et qu’un cœur frémira d’épouvante à ces signes précurseurs du courroux céleste ;

Tant que l’arc-en-ciel brillera après l’orage et qu’une âme soupirera après la paix et la concorde ;

Tant que la nuit sèmera l’éther de ses millions d’étoiles s et qu’il y aura encore un homme pour comprendre le sens de ces lettres d’or ;

Tant que luira la lune et que le cœur se sentira entraîné par de vagues aspirations; tant que la forêt murmurante ralraichira le voyageur fatigué ;

Tant que le printemps se parera de verdure et le rosier de fleurs ; tant qu’un sourire animera les joues et que la joie étincellera dans les yeux ;

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