‹ Morceaux choisis en prose et en vers des classiques allemandsChapitre 15 sur 249 · MALHEUR DE L'ATHÉE · texte numérisé non relu

MALHEUR DE L'ATHÉE

Personne n’est plus seul dans l’univers que l’athée. Le cœur orphelin, car il a perdu le Père par excellence, il gémit à côté de l’immense cadavre de la nature qu’aucune âme du monde ne meut, ne conserve, et qui végète dans la tombe ; il gémit sans cesse jusqu’à ce qu’il se soit lui-même détaché de ce cadavre comme une faible parcelle. Le monde entier est étendu devant lui comme le grand sphinx de pierre égyptien à moitié enseveli dans le sable, et l’univers est le masque de fer glacé de l’éternité sans forme.

J.-P. Richter.

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