IBICUS
Pour assister à la course des chars et au concours de chant qui réunit sur l’isthme de Corinthe tous les peuples de la Grèce, lbicus, le favori des dieux, se met en route. Apollon lui accorda le don des vers et de la douce mélodie. Plein du dieu qui l’inspire, il part de Rhegium son bâton à la main.
Déjà l’Acrocorinthe brille à ses yeux sur le sommet de la montagne, et il entre avec une pieuse terreur dans le bois de pins consacré à Neptune. Il chemine dans la solitude la plus profonde * ; il n’est accompagné que par des grues dont les escadrons grisâtres vont chercher au loin la chaleur des contrées méridionales.
« Je vous salue, oiseaux chéris 5 qui m’avez accompagné sur mer ! je vous considère comme un heureux présage. Ma destinée ressemble à la vôtre ; nous venons de loin et nous cherchons une demeure amie. Que Jupiter hospitalier nous soit propice, lui qui détourne l’injure de l’étranger. »
II dit, et hâtant joyeusement le pas, il arrive au milieu de la forêt. Tout à coup deux assassins se présentent à lui dans l’étroit sentier et lui barrent le chemin. Il est obligé de combattre ; mais bientôt sa main retombe épuisée : elle a tendu les cordes légères de la lyre, mais jamais l’arc vigoureux.
Il appelle à son secours les hommes et les dieux : vaines
t. Qui a mit cela.