‹ Morceaux choisis en prose et en vers des classiques allemandsChapitre 154 sur 249 · Soyez salués, bataillons apparentés · texte numérisé non relu

Soyez salués, bataillons apparentés

plaintes *. Aussi loin que sa voix peut s’étendre ", il n’existe pas un être humain.

c Hélas 1 s’écrie-t-il, il faut donc que je meure ici de la main de deux misérables, sur le sol étranger, où personne ne me pleurera, où personne ne viendra me venger. »

A ces mots, il tombe frappé d’une blessure mortelle. Au même moment, les grues passent en faisant retentir les airs de leur vol bruyant. Il entend, — car déjà il ne voit plus, — leurs cris perçants résonner au-dessus de sa tête.

« Si nulle autre voix ne s’élève pour venger ma mort, que la vôtre du moins accuse mes meurtriers. »

Il dit et meurt *. ■

On retrouve dans la forêt le cadavre dépouillé ; et, quoiqu’il fût défiguré par les blessures, l’ami qui devait lui donner l’hospitalité à Corinthe reconnaît ses traits chéris.

« Est-ce ainsi que je devais te retrouver, moi qui espérais ceindre de la couronno de pin le front du poëte, rayonnant moi-même de sa gloire ? »

Tous les étrangers, réunis pour la fête de Neptune, sont saisis de douleur en apprenant cette affreuse nouvelle ; toute la Grèce en est émue. Chaque cœur ressent vivement cette perte, et le peuple, se portant en foule au Prytanée, demande avec fureur à venger la mort de son poète, à apaiser ses mânes par le sang de son meurtrier.

Mais dans les flots pressés de cette multitude, attirée par l’éclat des jeux, quel est l’indice qui peut mettre sur la trace du barbare assassin? Ibicus a-t-il été lâchement frappé par des voleurs? est-il victime de la jalousie d'un ennemi caché?

Héiios seul peut le dire, Hélios qui éclaire toute la terre.

Peut-être le meurtrier s’en va-t-il d’un pas audacieux à travers l’assemblée des Grecs, et jouit-il du fruit de son

t. Son supplier ne pénètre jusqu’à aucun sauveur-.

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