‹ Morceaux choisis en prose et en vers des classiques allemandsChapitre 171 sur 249 · LOUANGES DU SAUVEUR · texte numérisé non relu

LOUANGES DU SAUVEUR

Qu’aurais-je été sans toi? que ne serais-je pas sans toi? En proie à la crainte et aux angoisses *, je serais seul dans ce vaste univers. Je ne saurais à quoi donner mon amour, l’avenir serait pour moi un gouffre sombre ; et si mon cœur était profondément affligé, à qui pourrais-je confier mes douleurs?

Solitaire, consumé d’amour et de désirs, chaque jour serait pour moi sombre comme la nuit ; je suivrais, en répandant des larmes amères, le cours impétueux de la vie; je trouverais l’inquiétude dans le tumulte du monde, et dans l’intérieur de ma maison un© affliction sans espoir. Sans amis, qui pourrait supporter le ciel ? Sans amis, qui pourrait supporter la terre f

Mais voilà qu’il est venu un Sauveur, un Rédempteur, un Fils de l’homme plein d’amour et de puissance qui a allumé au fond de notre âme un feu vivifiant. Alors seulement nous vîmes s’ouvrir pour nous le ciel, notre antique patrie , alors il nous fut donné de croire et d’espérer, et nous nous sentîmes étroitement liés à Dieu *.

Depuis ce temps le péché disparut parmi nous, et tous nos pas furent joyeux ; on donna cette foi aux enfants, comme le plus beau présent qu’on leur pût faire. Sanctifiée par elle, la vie s’écoula comme un heureux songe; livré à un plaisir et à un amour éternels, on s’aperçut à peine du moment du départ.

<. Choisi pour la crainte, etc.

Page 1