‹ Morceaux choisis en prose et en vers des classiques allemandsChapitre 194 sur 249 · LES PATINEURS · texte numérisé non relu

LES PATINEURS

Nous planons , nous volons çà et là sur la mer retentissante, sur le cristal d’argent; l’acier nous tient lieu d’ailes, le ciel de toit; les zéphyrs nous sont favorables et nous suivent dans notre course. C’est ainsi, ô mes amis! que d'un

t. Joue pour nous du violon el déjà harpe.

2. Celle pièce est une de celles qui éeltappenl à la traduction. Elle nous parait, du reste, peu digne de figurer dans ce recueil.

cœur joyeux nous descendons, ert glissant sur des profondeurs d’airain, la carrière de la vie'.

O voûte d’or * 1 qui t’a courbée sur nos têtes ? qui a étendu sous nos pieds ce sol de diamant? qui nous a donné l'étincelle fugitive qui nous permet de planer,- de tournoyer sur nos patins armés d’acier dans la salle fugitive? C’est ainsi, 0 mes amis! que nous descendons en glissant la carrière de la vie.

Le soleil s’enveloppe de vapeurs ; les montagnes frémissent ; son image flotte , disparaît , et la lune d’argent luit à la fois sur nos tètes et sous nos pieds. C’est ainsi , ô mes amis, que d’un cœur joyeux nous descendons, en glissant entre le soleil et la lune, la carrière de la vie.

Voyez les étoiles , brillantes étincelles , rayonner dans la mer d’azur du firmament et dans la glace qui nous entoure. Celui qui, lâ-haut, a parsemé les cieux de soleils , a couvert la terre des fleurs du givre. O mes amis! d'un cœur joyeux, nous descendons , en glissant à travers les étoiles , la carrière de la vie.

Il nous a placés dans lo vaste espace de cette salle aérienne; pour nous soutenir et glisser joyeusement sur les ondes, il nous a donné des pieds d’acier et un cœur qui nous réchauffe au milieu des frimais. C’est ainsi, ô mes amis qu’avec une volonté d’airain nous nous efforçons do descendre, sur les flots et les abîmes, la carrière de la vie.

Herder.

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