‹ Morceaux choisis en prose et en vers des classiques allemandsChapitre 209 sur 249 · POÉSIE; HYMNES, ODES, ÉLÉGIES. 239 LA TOMBE D’UN PÈRE · texte numérisé non relu

POÉSIE; HYMNES, ODES, ÉLÉGIES. 239 LA TOMBE D’UN PÈRE

Heureux ceux qui se sont endormis dans le Seigneur I Toi aussi, ô mon père! toi aussi lu es heureux! les anges t’apportèrent la couronne ; ils t’appelèrent, et tu allas dans le repos de Dieu.

Tu chemines au-dessus de millions d’étoiles, et ne vois pas la terre, cette poignée de poussière ; porté sur l’aile des vents, tu traverses les orbites de milliers de soleils, et tu contemples le visage de Dieu.

Le livre des mondes est ouvert devant toi ; tu bois avidement à la source de la vie ; les nuits, pleines de labyrinthes, s’éclaircissent, et ton regard devient brillant comme le jour.

Cependant, couronné des lauriers du vainqueur, tu abaisses encore sur moi ton regard paternel ; tu pries pour moi auprès du trône de Jéhova, et Jéhova écoute ta prière.

Lorsque s’écoulera cette goutte de temps que Dieu à laissé tomber pour moi de son urne, lorsque commencera mon agonie, oh! plane, plane sur mon lit de mort !

En agitant ta palme sur moi, remplis mon âme de celte fraîcheur qui découle de l’arbre de vie ; que je puisse voir sans effroi la vallée où la résurrection se prépare * !

Puissé-je, avec toi, m’envoler vers les cieux, rayonnant de volupté et partageant ton bonheur! Puissons-nous habiter ensemble la même étoile et reposer dans le sein do Dieu.

En attendant, fleuris, ô rosier ! pour répandre la pourpre sur son tombeau. Semence confiée à la terre, dors, ô dépouille chérie ! comme dans un paisible sanctuaire.

Hosllj.

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