‹ Morceaux choisis en prose et en vers des classiques allemandsChapitre 21 sur 249 · DÉSASTRE DE MAGDEBOURG · texte numérisé non relu

DÉSASTRE DE MAGDEBOURG

Alors commença une scène de carnage pour laquelle l’histoire n’a point de langue, la poésie de pinceaux. L’enfance innocente , la vieillesse débile j la jeunesse , le sexe , le rang, la beauté, rien ne peut désarmer la rage du vainqueur : les femmes sont maltraitées entre les bras de leurs époux, les filles aux pieds de leurs pères, et le sexe sans défense n’a d’autre privilège que d’être sacrifié à une double fureur. 11 n’est pas de lieu assez caché, assez auguste, pour mettre à l’abri des investigations de la convoitise. On trouva cinquante - trois femmes décapitées dans une église ; les Croates se faisaient un jeu de jeter les enfants dans les flammes; les Wallons de Pappenheim, d’embrocher les nourrissons sur le sein de leurs mères. Révoltés de cet horrible spectacle, quelques officiers de la ligne osèrent prier le comte de Tilly de mettre un terme à ce bain de sang :

t Revenez dans une heure, répondit-il ; je verrai alors ce que j'ai à faire; il faut que le soldat soit dédommagé de ses travaux et de Ses dangers s i » .

Ces scènes d’abomination continuèrent avec une fureur

t. Qu’après un long pèlerinage il reviendrait dans sa patrie des contrées, etc.

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