‹ Morceaux choisis en prose et en vers des classiques allemandsChapitre 212 sur 249 · LE GUERRIER MOURANT · texte numérisé non relu

LE GUERRIER MOURANT

La blessure est brûlante, mes lèvres livides tremblent ; je le sens aux faibles battements de mon cœur, me voilà arrivé au terme de mes jours. O mon Dieu I que ta volonté soit faite, je me suis abandonné à toi.

J’ai vu bien des images dorées voltiger autour de moi et ce beau rêve se change en funèbres gémissements. Courage ! courage! ce que je porte si fidèlement dans mon cœur vivra éternellement avec moi dans le ciel.

Ce qui, sur la terre, fut toujours pour moi un objet sacré, ce qui sous le nom d’amour ou de liberté, embrassait mon cœur d’une ardeur juvénile,

Je le vois devant moi comme un lumineux séraphin, et, à mesure que mes sens m’abandonnent, un souffle me porto sur les hauteurs éclairées par l’aurore.

Kœrner.

Page 1