ACTE V, SCÈNE VIII
Marie , Melvil , Burleigh , Leicester et Paulet ( Leicester reste tout à fait dans l'éloignement sans lever les yeux. Burleigh , qui observe sa contenance, s'avance entre la reine et lui.)
Burleigh. Lady Stuart, je viens pour recevoir vos derniers ordres.
Marie. Je vous remercie, mylord.
Burleigh. La volonté de la reine est qu’on ne vous refuse rien do ce qui est juste.
Marie. Mon testament exprime mes derniers vœux ; je l’ai déposé entre les mains de sirPaulet, et je demande qu’il soit fidèlement exécuté.
Paulet. Vous pouvez y compter.
Marie. Je demande que mes serviteurs puissent, sans être inquiétés, 6e retirer, suivant qu’ils le désireront eux-mêmes, en Écosse ou en France.
Burleigh. Cela sera fait comme vous le souhaitez.
Marie. Et, puisque mon corps ne doit pas reposer en terre sainte, permettez que ce fidèle serviteur porte mon cœur à mes parents, en France. — Hélas! il y a toujours été !
Burleigh. Cela sera fait. N’avez-vous rien de plus à ordonner ?
Marie. Portez à la reine d’Angleterre les adieux d’une sœur. — Dites-lui que, de tout mon cœur, je lui pardonne ma mort, et que je déplore avec un vif repentir mon empor tement d’hier.... Que Dieu la conserve et lui accorde un heureux règne !
Burleigh. Dites, n’étes-vous pas revenue à de meilleures pensées? Dédaignez-vous encore l’assistance du doyen?
Marie. Je suis réconciliée avec mon Dieu. — Sir Paulet, je vous ai fait sans le vouloir beaucoup de peine, je vous ai ravi l’appui de votre vieillesse. — Ah ! laissez-moi espérer que vous no garderez pas de moi un souvenir de haine.
Paulet (lui tendant la main). Que Dieu soit avec vous! allez en paix.