‹ Morceaux choisis en prose et en vers des classiques allemandsChapitre 234 sur 249 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

Thécla.

C’est son ombre qui m’appelle, c’est la troupe des fidèles soldats qui se sont sacrifiés pour le venger. Us m’accusent d’un lâche retard. Ils n'ont pas voulu abandonner même dans la mort celui qui pendant sa vie avait été leur chef. — Voilà ce qu’ont fait ces rudes cœurs, et moi je vivraisl... Non ; elle a été aussi tressée pour moi cette couronne de lauriers qui ornait son cercueil. Qu’est-ce que la vie sans le soleil de l’amour? Je la rejette, puisqu’elle a perdu tout son prix. Oui, lorsque je t’eus trouvé, mon bien-aimé 1 , la vie eut quelque valeur à mes yeux. Un jour nouveau, un jour d’or se leva brillant devant moi. Je rêvai deux heures belles comme les cieux.

Je te trouvai sur le seuil du monde, où j’en trais avec l’hésitation des vierges du cloître ; ce monde, il me semblait éclairé par des miliers de soleils, et tu me parus un bon ange envoyé pour me transporter des jours fabuleux de l’enfance jusqu’au sommet de la vie. Ma première sensation fut une joie céleste, mon premier regard rencontra ton cœur. {Elle tombe dans me profonde rêverie , puis continue avec l’accent de la terreur.) Mais voilà que la fatalité arrive.... sa main rude et glacée saisit mon noble ami* et le précipite sous les pieds do ses chevaux. — Tel est sur la terre le sort de tout ce qui est beaul

Schiller.

{La Mort de ff'allenstein.)

t . Toi l’aimant.

Page 1