‹ Morceaux choisis en prose et en vers des classiques allemandsChapitre 236 sur 249 · Je ne plaide point contre les dieux · texte numérisé non relu

Je ne plaide point contre les dieux

voir à ses besoins'. C’est lui qui a les joies de la possession, c’est lui que la victoire couronne, c’est à lui qu’est réservée une mort glorieuse. Dans quelles limites étroites le bonheur de la femme n’est-il pas renfermé I Obéir à un époux farouche, voilà son bonheur et sa consolation. Qu’elleest malheureuse, si un destin ennemi la pousse dans une contrée lointaine I Tel est mon sort. Vouée au culte des autels, le noble Thoas me retient dans l’esclavage*. Oh! comme je suis confuse d’avouer que c’est avec une secrète répugnance que je te sers, ô déesse, ma libératrice! Ma vie deyait être librement consacrée à ton culte; aussi ai-je toujours espéré en toi, et c’est encore en toi que j’espère, ô Diane 1 puisque tu as accueilli dans tes bras sacrés et secourables la ülle abandonnée du plus grand des rois. Oui, fille de Jupiter, si le héros que tu désespéras en lui demandant sa fille, si Agamemnon, semblable aux dieux, qui offrit sur tes autels ce qu’il avait de plus cher, a été glorieusement ramené par loi, des murs de Troie renversée, dans sa patrie; si tu lui as conservé son épouse, Électre et son fils, précieux trésors, rends-moi aussi à ma famille ; et toi qui m’as sauvée de la mort, sauve-moi de la vie que je mène en ces lieux, et qui est une seconde mort.

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