Témoigne de la majesté qui le remplit
2. La traduction littérale de quelques phrases de ce morceau serait ridicule, comme il est facile de s’en convaincre.
lèvres, et le courroux qu’il contient gonfle ses narines et rnonlo jusqu’à son front orgueilleux. Mais le calme et la sérénité répandus sur lui n’cn sont pas troublés, et son œil est plein de douceur comme si le dieu était au milieu des muses désireuses de lui prodiguer leurs caresses. Dans aucune des images qui nous restent de lui et qui sont l'objet du culte de l’art, le père des dieux n’approche de la grandeur avec laquelle il se manifeste à l'intelligence du poêle divin 1 comme dans les traits que nous offre ici le fils; ici comme chez Pandore sont réunies les beautés particulières de tous les autres dieux.
C’est le front de Jupiter prêt à enfanter* la déesse do la Sagesse; des sourcils qui, parleur mouvement, annoncent la volonté du dieu; l’œil majestueusement modelé de la reine des déesses. Comme les tendres et flexibles rejetons du noble pampre, sa noble chevelure joue autour de cette tête divine comme si ellè était agitée par une douce brise. Elle semble parfumée* de la céleste ambroisie, et liée au sommet de sa tète avec une élégance séduisante par la main des Grâces.
A l’aspect de cette œuvre admirable de l’art, j’oublie tout le reste, et je prends moi-même une noble attitude pour la contempler dignement. Sous l’influence d’une religieuse admiration, ma poitrine semble se dilater et s’élever comme celle de la Pythie possédée de l’esprit prophétique 4 , et je me sens transporté en esprit à Délos et dans les bois sacrés de Lycie qu’Apollon honorait do Sa présence; car l’image que je contemple paraît recevoir le mouvement et la vie commela beauté créée par Pygmalion. Comment peindre et décrire ce chef-
t . Homère.
2. ©djmangtï est le gravidus tics latins. Notre adjectif français n’étant jamais pris dans le sens métaphorique no saurait être employé au masculin.