‹ Morceaux choisis en prose et en vers des classiques allemandsChapitre 99 sur 249 · En grâce et disgrâce · texte numérisé non relu

En grâce et disgrâce

Le Conseiller. Vous étiez au pouvoir de l’Empereur ; mais sa bonté paternelle prenant la place de sa justice, il vous a assigné pour demeure, au lieu d’un cachot, Heilbronn, une de ses bonnes villes. Vous avez promis, sur la foi d’un bon et loyal chevalier', de vous y rendre et d’y attendre avec soumission ce que déciderait ultérieurement Sa Majesté*.

Goetz. Eh bien 1 m’y voici, et j’attends.

Le Conseiller. Et nous sommes ici pour vous annoncer la bonté et la clémence de Sa Majesté Impériale. Elle vous pardonne vos méfaits 5 et vous fait grâce du bannissement et de toutes les peines que vous avez justement méritées, pourvu que vous receviez cette faveur avec d’humbles remercîments, et que vous juriez 1 ’urfehde 4 qui va vous être lu.

Goetz. Je suis , comme toujours , le fidèle serviteur de Sa Majesté. Encore un mot avant d’aller plus loin. Mes gens, où sont-ils? que deviendront-ils?

Le Conseiller. Cela ne vous regarde pas.

Goetz. Que l’Empereur détourne ainsi de vous sa face quand vous serez dans le malheur! Ils étaient mes compagnons, et ils le sont encore. Où les avez-vous conduits?

Le Conseiller. Nous n’avons là-dessus aucun compte à vous rendre.

Goetz. Ah ! je ne pensais point que vous n’étiez pas môme obligés de tenir ce que vous m’avez promis, et qu'à plus forte raison....

Le Conseiller. Notre mission est de vous lire Yurfehde. Sou mettez- vous à l’Empereur, et vous trouverez moyen d’obtenir la vie et la liberté de vos compagnons.

Goetz. Voyons votre papier!

Le Conseiller. Greffier, lisez.

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