‹ Morceaux choisisChapitre 10 sur 530 · Tour archaïque. Cf. La Fon · texte numérisé non relu

Tour archaïque. Cf. La Fon

taine: Raton

N'était pas content, ce dit-on !

4. Dîner a longtemps désigné le repas du milieu de la journée et souper celui du soir.

5. A chaque instant reparaît la mélancolie et aussi la rêverie.

Pour condamner le présent il embellit et exalte le passé, ainsi que font souvent les vieillards ; et Chateaubriand écrit cela dans sa vieillesse.

CHATEAUBRIAND

les pincettes contre la plaque de la cheminée, et quelques instants après on voyait entrer trois autres vieilles filles qui sortaient de la maison voisine à l'appel de ma tante.

Ces trois sœurs se nommaient les demoiselles Vildéneux ; filles d'un pauvre gentilhomme, au lieu de partager son mince héritage, elles en avaient joui en commun, ne s'étaient jamais quittées, n'étaient jamais sorties de leur village paternel. Liées depuis leur enfance avec ma grand'mère, elles logaient à sa porte et venaient tous les jours, au signal convenu dans la cheminée, faire la partie de quadrille1 de leur amie. Le jeu commençait; les bonnes dames se querellaient : c'étaient le seul événement de leur vie, le seul moment où l'égalité de leur humeur fût altérée. A huit heures, le souper ramenait la sérénité. Souvent mon oncle de Bedée, avec son fils et ses trois filles, assistait au souper de l'aïeule. Celle-ci faisait mille récits du vieux temps ; mon oncle, à son tour, racontait la bataille de Fontenoy où il s'était trouvé et couronnait ses vanteries par des histoires un peu franches2 qui faisaient pâmer de rire les honnêtes demoiselles. A neuf heures, le souper fini, les domestiques entraient ; on se mettait à genoux et Mlle de Boisteilleul disait à haute voix la prière. A dix heures, tout dormait dans la maison, excepté ma grand'mère qui se faisait faire la lecture par sa femme de chambre jusqu'à une heure du matin3. (Ibid.)

[Cependant, le petit chevalier s'élevait à la diable, sans direction et sans contrainte, sur les rochers de la plage où il courait avec les polissons de la ville. Un de ses premiers plaisirs fut de jouer avec les vagues et de lutter contre les orages. Il s'ouvrait ainsi à la grande poésie de l'Océan et, dans ses promenades à Plancoët ou à Combourg, il subissait la séduction de la campagne bretonne. Le grand peintre de paysages qu'il devait être, fixait déjà, en des visions précises, la beauté particulière de sa terre natale.]

Le Printemps en Bretagne.

Campagnes pélagiennes. — Coucher de lune sur la mer.

Le printemps, en Bretagne, est plus doux qu'aux environs de Paris et fleurit trois semaines plus tôt. Les cinq oiseaux

îi Jeu de cartes, analogue à l'hombre.

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