Fingal fut un héros écossais
La grotte de Fingal est une grotte dans une des îles Hébrides, situées également au nord de riicosse.
2. Au lieu de débordait. C'est un archaïsme. Règle : Vaddition au verbe d'un pronom complément explétif était très fréquente dans V ancienne langue.
On disait se partir, se dormir, se demeurer, etc. Cf. Crouzet. . ., Or. Fr., § 207.
Le premier qui les vit de rire s'éclata.
(La Fontaine, III, 1.)
3. Cénobites, mot formé de deux mots grecs, signifie ceux qui çivent en communauté.
4. Cette image, en soi assez banale, paraît neuve ici, à la suite de cette description des orages et des tempêtes.
5. Quand Chateaubriand écrivait son livre, les sonneries étaient encore interdites. Le bourdon de Notre-Dame sonna, pour la première fois, après dix années de silence, le jour de Pâques où fut promulgué le Concordat.
LE GÉNIE DU CHRISTIANISME
sons, pour réveiller les laboureurs, soupirait, sur quelque instrument des Hébreux, l'histoire de Séphora ou de Noémi. Il nous semble que, si nous étions poète, nous ne dédaignerions point celte cloche agitée par les fantômes dans la vieille chapelle de la forêt, ni celle qu'une religieuse frayeur balançait dans nos campagnes pour écarter le tonnerre, ni celle qu'on sonnait la nuit, dans certains ports de mer, pour diriger le pilote à travers les écueils1. Les carillons des cloches, au milieu de nos fêtes, semblaient augmenter l'allégresse publique2; dans des calamités, au contraire, ces mêmes bruits devenaient terribles. Les cheveux dressent encore sur la tête au souvenir de ces jours de meurtre et de feu, retentissant des clameurs du tocsin. Qui de nous a perdu la mémoire de ces hurlements, de ces cris aigus, entrecoupés de silences, durant lesquels on distinguait de rares coups de fusil, quelque voix lamentable et solitaire, et surtout le bourdonnement de la cloche d'alarme ou le son de l'horloge qui frappait tranquillement l'heure écoulée ? Mais dans une société bien ordonnée, le bruit du tocsin, rappelant une idée de secours, frappait l'âme de pitié et de terreur et faisait couler ainsi les deux sources des sensations tragiques3. (I, 1.)
Les Rogations4.
Les cloches du hameau se font entendre, les villageois quittent leurs travaux : le vigneron descend de la colline,
1. A la fin du roman René, dans une tempête où les vagues déferlent, le glas d'une cloche de monastère se mêle au bruit du canon d'alarme.
2. Chateaubriand n'avait pas toujours été égayé par le son des cloches. Dans ses nuits d'insomnie à Gombourg, il songeait à la mort en écoutant à l'aube la cloche du village sonnant pour les trépassés :
Cette sonnerie compose, de trois notes répétées, an petit air monotone, mélancolique et champêtre. Bien ne convenait mieux à mon âme malade et blessée que d'être rendue aux tribulations de l'existence par la cloche
qui en annonçait la fin. Je me représentais le pâtre expiré dans sa cabane inconnue, ensuite déposé dans un cimetière non moins ignoré. (Mémoires d'Outre- Tombe. I, 158.)
3. On sait que, d'après les classiques, la terreur et la pitié sont les deux ressorts delà tragédie. (Cf. Boileau : Art poétique.
Ch. III.)
* Comparez les poésies de Lamartine sur la cloche du village.
4. Il a développé dans le chapitre précédent l'idée de la convenancedes cérémonies chrétiennes, c'est-à-dire de leur harmonie avec les scènes de la nature
CHATEAUBRIAND
le laboureur accourt de la plaine, le bûcheron sort de la forêt; les mères, fermant leurs cabanes, arrivent avec leurs enfants, et les jeunes filles laissent leurs fuseaux, leurs brebis et les fontaines1, pour assister à la fête.
On s'assemble dans le cimetière de la paroisse, sur les tombes verdoyantes des aïeux. Bientôt on voit paraître tout le clergé destiné à la cérémonie : c'est un vieux pasteur qui n'est connu que sous le nom de curé, et ce nom vénérable, dans lequel est venu se perdre le sien, indique moins le ministre du templo que le père laborieux du troupeau2. Il sort de sa retraite, bâtie auprès de la demeure des morts dont il surveille la cendre. Il est établi dans son presbytère comme une garde avancée aux frontières de la vie pour recevoir ceux qui entrent3 et ceux qui sortent de ce royaume de douleur. Un puits, des peupliers, une vigne autour de sa fenêtre, quelques colombes, composent 1 héritage de ce roi des sacrifices4.
Cependant l'apôtre de l'Evangile, revêtu d'un simple surplis, assemble ses ouailles devant la grande porte de l'église ; il leur fait un discours, fort beau sans doute, à en juger par les larmes de l'assistance. On lui entend souvent répéter : Mes enfants, mes chers enfants, et c'est là tout le secret de l'éioquence du Chrysoslome champêtre5.
Après l'exhortation, l'assemblée commence à marcher
et a\ec le milieu où elles sont célébrées :
La fête du Créateur [la Fête-Dieu] arrive au moment où la terre et le ciel déclarent sa puissance, où les bois et les champs fourmillent de générations nouvelles. La chute des feuilles, au contraire, amène la fête des Morts pour l'homme qui tombe comme les feuilles des bois. Au printemps, l'Eglise déploie dans nos hameaux une autre pompe.
La Fête-Dieu convient aux splendeurs des cours, les Kogations aux naïvetés du village.